À Tokyo, pour le compte des Jeux Olympiques 2020 disputés l’été dernier, les valides sont revenus bredouilles en Algérie. Ce n’était pas le cas pour leurs compatriotes du handisport qui ont brillé en terre japonaise. Avec une belle moisson de 12 médailles (4 or, 4 argent et 4 bronze), Athmani Skander Djamil et 10 autres athlètes ont admirablement représenté le pays. Honorés par le Président de la République Abdelmadjid Tebboune en personne après leurs superbes résultats, ils ont eu des garanties d’être « plus valorisés » dans l’avenir. Le JP 2020 pourrait être un véritable point de bascule si l’on se fie aux mesures qui sont en train de se mettre en place.

Par Mohamed Touileb
Les honneurs se poursuivent pour le handisport algérien après les accomplissements nippons. Souvent délaissés et livrés à eux-mêmes pour préparer les rendez-vous d’envergure, les sportifs à capacités réduites ont toujours bravé les difficultés pour s’imposer dans le paysage sportif par leurs performances obtenues grâce à une détermination sans faille.

L’intérêt occasionnel c’est fini ?
Mais il faut dire que cette catégorie d’athlète ne bénéficie que d’attention occasionnelle. Une admiration qui intervenait juste pour « récupérer » le fruit d’un travail individuel de sportifs qui voient les responsables les négliger avant de leur accorder un « fake » intérêt devant les médias et les caméras de télés quand ils ont le cou décoré. Cependant, l’approche est -peut-être- en train de changer. Même celle des sponsors comme la Société Générale qui a décidé de doubler l’enveloppe consacrée au soutien du sport paralympique. En marge d’une réception organisée par la banque en l’honneur des onze médailles aux Paralympiades, des chèques d’encouragement de 200.000 dinars pour les médaillés de bronze, de 300.000 pour les médaillés d’argent et de 500.000 dinars pour les médaillés d’or, ont été attribués aux distingués. La journée du jeudi était celle des encouragements. En effet, la commission jeunesse, sport et activités associatives de l’Assemblée populaire nationale (APN) a reçu les médaillés lors d’une cérémonie.

La prime multipliée par deux
Conscients que les Cherine Abdellaoui, Asmahan Boudjadar et les autres se sont surpassés pour briller au Pays du Soleil Levant, Ait-Amar Hamid, président de la commission jeunesse, sport et activités associatives de l’APN, a voulu profiter de l’occasion pour « lancer un appel aux autorités locales et au ministère de tutelle pour revoir le système d’octroi des primes de victoire à l’occasion de ces manifestations ». Pour lui « il est impensable qu’un champion paralympique qui fait face à son infirmité et ses difficiles conditions pour devenir un symbole d’espoir, perçoit 50 % de la prime octroyée aux valides. Nous souhaitons également la prise en considération de leurs problèmes sociaux, ainsi que la mise à leur disposition d’un centre d’entraînement.» A ce sujet, on notera que les Dz détenteurs de médailles au Japon ont eu droit à des primes lorsqu’ils ont été reçus par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune le 08 septembre dernier. Le barème était comme suit : un titre paralympique c’est 1.8 million de dinars, 900.000 DA (près de 6000 euros) pour une médaille d’argent et pour une troisième place sur le podium c’est 480.000 DA (près de 3000 euros). Bien évidemment, ces sommes sont significatives mais pas à la hauteur de la performance réalisée. Cette dernière requiert le même investissement que chez les valides et avec des moyens moins conséquents. A partir de là, les deux accomplissements se valent.

Soutien matériel et financier
C’est pourquoi « un décret sera bientôt signé qui prendra effet à partir du 1er août 2021. En outre, nous avons décidé d’équiper tous les centres de préparation de l’élite nationale et des équipes nationales, d’une salle destinée à la préparation des athlètes handisports. Le centre de Souidania (Alger) sera le premier à subir des travaux en ce sens », a révélé Khaled Abderraouf, représentant du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). Une mesure qui est légitime. Elle était tant attendue depuis des années maintenant. Cela ne pourra que décupler la motivation de nos athlètes qui n’auront plus cette impression de valoir moins qu’un sportif qui dispose de toutes ses facultés motrices, visuelles ou cérébrales. Tout cela est un aboutissement logique pour une catégorie de sportifs qui a souvent accompli des choses fantastiques.