L’impasse politique actuelle est bien le résultat d’un dialogue de sourds banalisé au fil des mois. Jusqu’à oublier que la perpétuation de la situation exceptionnelle actuelle est funeste pour le pays. Pourtant, il est bien visible qu’il y a impossibilité à imposer une option ou une autre et à l’appliquer sans faire adhérer la majorité des Algériens. En fait, le pouvoir campe depuis longtemps sur une position tranchée pour un processus électoral constitutionnel qui ne doit souffrir d’aucune adaptation. Seule concession, la mise en place d’une commission électorale indépendante qui aura à charge de garantir la transparence d’un scrutin crucial pour l’avenir de l’Algérie et des Algériens.
Peut-on avoir une élection présidentielle dans les conditions actuelles ? C’est le débat central qui se mène entre le pouvoir et la rue depuis le 22 février. Les manifestations expriment, avec une constance remarquable, que le but est bien de mettre fin à un système de cooptation et d’établir la souveraineté du peuple dans son droit de faire et de défaire les gouvernements. En face, le pouvoir semble dire que l’opposition ne s’est guère illustrée durant cette crise par une force de proposition à la mesure de la conjoncture historique. Et de fait ne saurait être éligible pour imposer sa propre voie de sortie. C’est ce qui complique à trouver le compromis qui fera tourner la page vers une situation qualitative. Pourtant, un arrangement est nécessaire et ne saurait se faire qu’entre tous les Algériens et dans leurs différences. Le Hirak pacifique n’arrive pas encore à imposer son option de changement, mais le pouvoir n’arrive pas, non plus, à organiser sa propre réinitialisation par la tenue d’une élection présidentielle.
Arriver à un compromis historique sera incontestablement le défi auquel seront confrontés les acteurs politiques algériens dans les prochains mois. Le durcissement des positions des uns et des autres n’est pas une solution. Il s’agit d’avancer vers une Algérie meilleure et non pas revenir à un temps que les Algériens ont définitivement dépassé.