Par Feriel Nourine

Le dossier du transfert des capitaux de et vers l’étranger s’est invité au Conseil des ministres qui s’est tenu dimanche.
En dépit des actions menées sur ce registre par les services concernés, la pratique frauduleuse fait de la résistance et oblige les pouvoirs publics à renforcer les mesures contre ce fléau qui permet d’écouler des sommes colossales de devises au détriment de la sécurité nationale.
Les infractions en la matière se comptent par centaines que révèlent les statistiques douanières. Elles émanent de particuliers et surtout de certaines entreprises qui ont tendance à surfacturer les produits qu’elles importent.
Une pratique frauduleuse qui participe fortement à la dégradation de l’économie nationale et à laquelle l’Etat est en train de riposter après avoir dégagé une batterie de mesures au profit du renforcement des capacités de détection des opérations présentant un risque de transferts illicite de capitaux.
Mais cela ne semble pas suffire, et la riposte doit être renforcée davantage dans la guerre à une pratique qui ne date pas d’hier. Elle a pris, depuis longtemps, une ampleur telle qu’il devient de plus en plus difficile de la cerner et de la chasser sur un terrain connu pour être maîtrisé par les fraudeurs.
C’est pourquoi, le président de la République a jugé utile de rebondir sur la question de la répression de l’infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger.
Abdelmadjid Tebboune a choisi la réunion du Conseil des ministres pour le faire, appelant à durcir cette répression en changeant carrément d’évaluation judiciaire de ce type d’infraction.
Pour le chef de l’Etat, le transfert illicite de capitaux doit être perçu et traité comme un crime et non comme un délit. Ce qui implique l’introduction de dispositions à la dimension de cette perception que les responsables concernés sont appelés à dégager.