Les récentes annonces comprises dans la première mouture de la loi de finances complémentaire 2018 relatives à la fiscalité des Algériens préoccupent les ménages. Il semblerait que le gouvernement a examiné les possibles conséquences de certains articles sur les petites et moyennes bourses, ce qui a nécessité un temps d’arrêt nécessaire à une « seconde lecture ».

Selon des indiscrétions, le gouvernement s’est permis un moment de réflexion qui aura duré une quinzaine de jours et une seconde mouture de la LFC 2018 sera examiné en fin de cette semaine en Conseil des ministres. Il y aurait une réunion le mercredi 16 mai, soit à la veille du mois de Ramadhan, durant laquelle la LFC 2018 sera débattue. La multiplication des mesures fiscales depuis 2016, s’inscrivant dans une démarche de réformes amorcée pour faire face à la crise, a suscité des inquiétudes parmi les ménages.
D’où la demande du chef de l’Etat de faire une « deuxième lecture » de la loi de finances complémentaire de sorte à ce que certains articles ne soient pas un fardeau insoutenable pour les petites et moyennes bourses. Lors d’une récente intervention à ce sujet – répondant à une question qui lui a été posée lors de l’inauguration de la Foire internationale d’Alger – le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a confirmé que le texte allait être réexaminé sans pour autant livrer le moindre détail sur les articles qui font objet d’une éventuelle réécriture et/ou annulation. « La loi de finances complémentaire (LFC) pour l’exercice 2018 sera présentée en Conseil des ministres dans une ou deux semaines », avait affirmé le Premier ministre Ahmed Ouyahia.
Cette loi, a-t-il expliqué, a été dictée par la nécessité de faire avancer certains projets dans le cadre d’une situation financière qui reste « difficile ». Dans son plaidoyer en faveur de cette LFC, Ahmed Ouyahia a souligné également que cette loi budgétaire était nécessaire pour « faire avancer quelques projets ». Quant à son volet fiscal, objet d’une avalanche de critiques pour les catégories de contribuables ciblées ainsi que pour cette offensive fiscale sans répit à laquelle s’adonnait l’Exécutif, le Premier ministre ne souffla mot, invitant la presse à « être patients et attendre le passage du texte en Conseil des ministres pour avoir les détails ». Il faut dire que le rythme des impositions n’a pas ralenti ces trois dernières années, alors que les mesures de restriction ont augmenté en parallèle, ciblant ainsi deux objectifs : faire face à l’aggravation des déficits et rehausser les revenus de la fiscalité ordinaire. Cela témoigne de l’empressement du gouvernement à reprendre le train des réformes dont le ralentissement en 2017-2018 a pesé sur l’état des comptes extérieurs, voire sur les finances publiques.
Quoi qu’il en soit, le débat autour des mesures prévues dans la loi de finances complémentaire 2018 devrait reprendre dès mercredi. Plusieurs ordonnateurs attendent que leurs comptes soient alimentés pour pouvoir soutenir certains projets en cours et/ou un budget de fonctionnement pesant nécessitant des rallonges budgétaires. Du reste, il ne faut pas s’attendre à une révolution fiscale remettant totalement en cause la mouture initialement confectionnée.  La tenue, aujourd’hui, de la 11e session du conseil d’association Algérie-Union européenne a probablement retardé l’approbation d’une nouvelle taxe applicable à l’importation des produits finis. Du reste, il sera possible de retoucher légèrement le volet fiscal de la LFC de sorte à ce que les inquiétudes suscitées par l’éventuelle hausse de la fiscalité des Algériens soient apaisées.