Les secteurs économiques étaient inscrits au crayon-feutre au menu du dernier Conseil des ministres tenu, dimanche. Il s’agit du secteur des Finances, de l’Énergie et des Mines, de la Transition énergétique, du Commerce, des Travaux publics et des Transports. Signe, probablement, d’une prise de conscience quant à l’urgence d’une réponse à la crise financière et économique qui s’installe dans le pays et qui ne fait que s’aggraver au fur et à mesure que les mesures de parade tardent à se mettre en place.

Par Hakim Ould Mohamed
Encouragement de l’inclusion financière en vue de capter les fonds en circulation dans le marché parallèle, notamment à travers une émission de bons de trésor, mise en place d’un fonds dédié à accueillir les fonds détournés qui font l’objet de saisies, gestion des recettes et dépenses de l’État avec transparence et efficacité pour une meilleure maitrise du budget général de l’État, appel à une exploitation effective du gisement de fer de Gara Djebilet, lancement du projet de phosphate intégré et renforcement des moyens logistiques de la compagnie maritime nationale… autant de questions qui confirment à la fois l’urgence de diversifier les ressources, d’une gestion efficace et transparente des deniers publics ainsi que la nécessité de réduire les dépenses et maitriser les importations afin de concrétiser les objectifs de réduction des déficits contenus dans l’avant-projet de loi de finances complémentaire 2021. Le gouvernement semble vouloir ainsi se saisir des dossiers lourds liés à la conjoncture, car, les unes comme les autres, les questions débattues, dimanche, en Conseil des ministres relèvent de la gestion des effets de la crise endémique née de la chute des prix du brut sur le marché mondial, aggravée par la crise financière liée au Covid-19 et ses conséquences sur l’activité économique. Trois paliers de réponse à la crise peuvent être identifiés dans le communiqué diffusé à l’issue de la réunion du Conseil des ministres. Il s’agit, d’abord, de cette volonté apparente de diversifier les ressources – lesquelles se font de plus en plus rares – en ratissant sur les terres de l’informel et des biens mal acquis. Il est question, ensuite, de l’impératif de diversifier les ressources en devises à travers l’exploitation de certains gisements miniers à forte valeur ajoutée et dont le retour sur investissement pourrait contribuer à la diversification des recettes en devises. En troisième lieu, la réponse à la crise passe inévitablement par l’assainissement des finances publiques, la maitrise du budget et des dépenses de l’Etat ainsi que par une meilleure régulation du commerce extérieur, dont la hausse effrénée de la facture d’importation a contribué amplement ces dernières années à accroitre les déficits. Le chef de l’Etat en a fait son cheval de bataille dans ses orientations, dimanche, lors de la réunion du Conseil des ministres. D’autant plus que l’avant-projet de loi de finances 2021 fait état d’un important effort en vue de réduire le déficit de la balance des paiements. La hausse du déficit budgétaire est liée, en partie, à des impératifs de conjoncture, dont la lutte contre la propagation du Covid-19. Dans son appel à une meilleure maitrise des opérations du commerce extérieur et au renforcement des moyens logistiques de la flotte maritime nationale, on y voit, en effet, l’urgence de réduire davantage les déficits, notamment celui de la balance des paiements, à travers une baisse des importations de biens et marchandises, mais aussi une maitrise des coûts liés aux importations, à savoir, entre autres, le coût du fret et les surestaries. En matière de déficits, le gouvernement table quasiment sur les mêmes objectifs contenus dans la loi de finances principale de l’actuel exercice, pariant sur une hausse des recettes à la fois ordinaires et pétrolières, comparativement aux réalisations du précédents exercice, tout en réaffirmant, dans l’avant-projet de LFC 2021, sa détermination à réduire davantage les importations et leurs coûts. En tout cas, dans ces trois paliers de réponse à la crise, le gouvernement semble mesurer la gravité de la crise et l’urgence d’un effort de mesures appropriées. <