Les fuites de sujets de l’examen du baccalauréat de la session 2016 n’ont pas laissé de marbre les hautes autorités du pays. Devant l’ampleur prise, un avant-projet de loi est en cours de finalisation au ministère de la Justice pour criminaliser la triche au bac. 

Ainsi, l’on apprend que le projet de loi qui s’appuiera sur des textes juridiques prévoit, non seulement une criminalisation de l’acte de triche et de fraude, mais une reconsidération des peines prévues dans ce cas de figure. Pour ce faire, le ministère de la Justice compte modifier et compléter l’ordonnance N°66-156 du 8 juin 1966 portant code pénal, qui prévoit, pour sa part, la criminalisation de certains actes comme la fraude aux examens et concours et une reconsidération des peines prévues à cet effet. À ce jour, l’unique pénalité prévue contre la fraude au bac est une exclusion de cinq ans pour les candidats scolarisés et de dix ans pour les candidats libres. Lors de la session de l’examen du baccalauréat 2016, mille candidats ont été exclus pour fraude ou tentative de triche. Ce millier de candidats a été appréhendé en détention de téléphones portables en salle d’examen. Ce qui est considéré comme une tentative de fraude.
Lors de la même session, une large fuite de sujets du baccalauréat a été organisée sur les réseaux sociaux. Moral déstabilisé des candidats et déconcentration, avec une atteinte à l’examen le plus prestigieux de l’Ecole algérienne, le ministère de l’Education nationale a procédé à l’organisation d’une seconde session partielle des épreuves du 19 au 23 juin. Sauf qu’une enquête et une plainte ont été engagées en parallèle. Un seul prévenu parmi les quatre accusés a été condamné à trois ans de prison ferme. Le directeur de l’Office national des examens et concours (Onec), Mohamed Amine Mebrek, a été limogé de son poste en décembre écoulé par décret présidentiel. L’on apprend que l’affaire sera rejugée incessamment à Alger. Le procureur de la République près le tribunal d’Alger a, en effet, introduit un pourvoi en cassation. L’affaire devrait être rejugée ce 15 janvier. Avec ce projet de loi qui atterrira incessamment à la chambre basse du Parlement, c’est tout l’arsenal juridique prévu contre les fraudes et les triches qui sera chamboulé. Une criminalisation tant attendue du moment que les indélicats candidats ne lésinent sur aucun moyen pour attenter à des examens et concours prestigieux, surtout à l’ère de l’internet et de la téléphonie mobile.