Le rapport de l’ONG britannique Oxfam est annuellement attendu pour pouvoir être établi sur une réalité criante, celle de l’accroissement des inégalités dans le monde. Et comme à chaque fois, sa publication est «actionnée» la veille du Forum économique mondial de Davos. Un rituel très médiatisé de par le sujet abordé, et également de sa «coïncidence» avec l’événement où se côtoient en particulier les leaders de la politique et de l’économie mondiale.
Pour l’année 2021, la particularité essentielle est sans conteste l’existence du nouveau paramètre qui régule l’actualité de chaque pays, la Covid-19. Les précédents rapports de l’ONG et les sommets de Davos d’avant peuvent paraître maintenant comme émanant d’un autre monde. Si cette «sensation» peut ne pas être partagée par les citoyens lambda, elle est néanmoins bien ancrée chez les «acteurs» d’Oxfam et surtout ceux du Forum.
L’ONG a bien titré son dernier rapport par un «Le virus des inégalités» pour montrer à quel point la pandémie a rendu les ultra-riches encore plus riches, et les pauvres encore plus pauvre ! Un constat établi depuis quelques mois déjà avec la publication des «acquis» obtenus, depuis le début de la pandémie, par les Jeff Bezos (le patron d’Amazon), Elon Musk (le fondateur de Testla), Bill Gates (Microsoft) ou encore Mark Zuckerberg (Facebook). Le travail d’Oxfam va-t-il être perçu comme un avertissement aux puissants de ce monde pour trouver une solution aux inégalités existantes ? Une interrogation toute proche de la naïveté affichée par les médias de masse. S’il y avait une once de crédit d’un quelconque effet, tout le monde l’aurait su depuis plusieurs années déjà.
La réalité est là. Les précédents rapports n’ont pas fait diminuer les inégalités dans le monde. Ils sont restés lettre morte, jouant quelque part le rôle de trouble-fête, ou même juste d’un faire-valoir des chantres de la globalisation.
Pis encore, le forum de Davos de 2021 risque de jongler avec le rapport d’Oxfam pour matérialiser le grand projet sur lequel table énormément Klaus Shwab, fondateur et président exécutif de la «rencontre». L’économiste allemand avait déjà lancé les jalons depuis plusieurs mois de ce qu’il préconise comme solution à l’urgence sanitaire mondiale. Son fameux «The Great Reset» (La Grande réinitialisation) va sans aucun doute quitter les discussions élitistes dans lesquelles il était enfermé, pour sortir au grand jour. Le Forum de Davos de 2021 est à épier. De ses «recommandations» sortiront les ambitions de ceux qui se présentent comme les plus puissants.