Si le ministre de la communication, Ammar Belhimer doutait encore de l’immensité du chantier à réaliser dans la presse numérique en Algérie, il devrait maintenant en être convaincu. Ce qu’il a vu, et entendu, hier, jeudi, à l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information de Ben Aknoun (Alger), a été une occasion pour lui de plonger dans ce « monde » de près. C’était lors de l’atelier « Presse numérique : Réalités et perspectives» qu’il a supervisé aux côtés de son collègue Brahim Boumzar, ministre de la Poste et des Télécommunications,. Le duo gouvernemental était également accompagné du secrétaire général du ministère des Finances « pour discuter des questions de l’e-paiement et d’autres aspects » comme l’a affirmé Ammar Belhimer.

Les nombreux intervenants, représentants la presse numérique (digitale) algérienne, ont abordé plusieurs sujets en relation avec leur activités. Certains parmi eux se sont retrouvés à uniquement demander de la publicité publique « pour survivre » avec comme seul argument « nous avons un site » ! Une attitude qui démontre que le « raisonnement » d’avant le 22 février prévaut encore dans certains esprits toujours « demandeurs » d’avantages sans rien proposer de concret.

Réalisation de Salim KOUDIL

Toutefois, il n y avait pas uniquement que les opportunistes. Plusieurs intervenants, acteurs reconnus de la scène journalistique digitale, ont touché plusieurs aspects importants de la presse numérique, à l’instar de la carte de journaliste professionnel, l’hébergement des sites des journaux d’informations, l’e-paiement pour permettre des abonnements (et ne plus se contenter des mannes publicitaires) et le coût des connexions.  De « détails » d’une importance primordiale pour pouvoir assainir la presse digitale des nombreux intrus. D’où l’urgence de revoir le code de l’information de 2012. La réalité du terrain dépasse amplement l’ « espace » donné  à la presse digitale.

A la fin de la rencontre le ministre de la communication s’est exprimé pour donner les principales recommandations qu’il aura retenues.


Réalisation de Salim KOUDIL

Il en citera trois aspects : économique, politique et sociale. Ammar Belhimer affirmera « nous avons besoin d’un organe d’autorégulation spécifique aux activités journalistiques ». Il devra s’occuper de suivre l’impression et la publicité « dans d’autres pays on appelle cela un organe de justification de la diffusion », de la carte du journaliste professionnel et enfin de la mise en application d’un système de médiation pour éviter tout recours à la justice. Des projets pour un grand chantier dont les retombées sont très attendues.