Encore une fois, les marchés pétroliers sont saisis par l’incertitude. La baisse des prix de «l’or noir» suscite la hantise des pays producteurs, en premier lieu les membres de l’Opep+ – Opep et ses «alliés», à l’instar de la Russie, du Mexique et du Kazakhstan. La crise sanitaire mondiale est passée par là. Pourtant, l’espoir était bien là. C’était sans compter sur les «annonces» d’une seconde vague de la Covid-19. Les nouvelles mesures de confinement localisés et le taux d’infection de nouveau à la hausse sont venus ternir les cieux des marchés. Des cieux d’ailleurs encore fermés à l’aviation dans la majorité des régions de la planète, ce qui est déjà l’un des principaux signes de la morosité du monde pétrolier.
Ceux qui espéraient un retour à la hausse de la demande ont ainsi dû déchanter. Et ce n’est pas le retour attendu des exportations libyennes de pétrole qui va arranger les choses.
A cette situation, il faut ajouter l’offre abondante des pays producteurs avec à la clé le non-respect de leurs quotas de plusieurs membres de l’Opep+. La réunion (virtuelle) de suivi du dernier accord de l’organisation, prévue jeudi prochain, devrait être une occasion pour les pays membres de se ressaisir. Il y va carrément de la survie de l’organisation.
D’ailleurs, les aléas des marchés ont fait que la baisse des prix du pétrole, survenue hier, lundi, a coïncidé avec une journée qui aurait dû être une journée de fête. Ce 14 septembre vient rappeler que l’Opep a été créée il y a exactement soixante ans. L’occasion d’ouvrir les yeux. C’est qu’entre-temps le monde a bien changé. Si au siècle dernier, l’organisation représentait un puissant lobby, en faisant trembler toutes les puissances, actuellement, son poids est devenu bien léger. Elle ne cesse d’abaisser ses prévisions et de compter ses biens maigres recettes, en comparaison de l’âge d’or des marchés pétroliers. La Covid-19 est venu secouer la «marmite». De nouveaux paradigmes doivent s’imposer.
Certes, soixante ans, c’est l’âge signalant la fin d’une carrière, mais c’est également celui annonçant la «naissance» d’un jeune retraité. Le tout est de préserver l’avenir des prochaines générations.