Le verdict dans l’affaire de la journaliste Kenza Khattou sera prononcé le 1er juin prochain, a annoncé hier le juge près le Tribunal de Sidi M’hamed. Le procureur avait requis contre la journaliste une peine d’une année de prison ferme.

Par Leila Zaïmi et Nazim B.
Arrêtée vendredi 14 mai lors de la 117e marche du mouvement populaire, la journaliste a été déférée en comparution immédiate le 18 mai, avant d’être remise en liberté après un malaise en pleine audience. Les chefs d’inculpation retenus contre elle sont «atteinte à l’unité nationale», «publication de nouvelles pouvant porter atteinte à l’intérêt national», «incitation à attroupement non armé» et «outrage à corps constitué».
Des accusations que la concernée a réfuté en déclarant, hier lors de l’audience, qu’elle ne faisait que son métier de journaliste soutenant «n’avoir commis aucun crime qui nécessiterait ma comparution ni mon arrestation». De son côté, Zoubida Assoul, du collectif de défense de la journaliste, a mis en évidence le caractère «infondé» et «fallacieux» des accusations retenues contre l’accusée.
Pour rappel, Radio M, où exerce la journaliste, a réagi le lendemain de son arrestation dans un communiqué à travers lequel il a été souligné que Kenza Khattou a été arrêtée dans l’exercice de sa mission de journaliste. Elle a été victime de brutalités au moment de son interpellation à proximité de la station de métro Tafourah, sur le parcours habituel des marches du vendredi. Comment expliquer l’acharnement sur cette journaliste en particulier si ce n’est pour justifier à posteriori le traitement dégradant qu’elle a dû subir au moment de son interpellation ?», s’est interrogé le média.
Maître Assoul a expliqué qu’elle n’a pu voir la journaliste que dimanche en début d’après-midi, soit 48 heures après son arrestation à Alger. «Elle était un peu éprouvée. Elle a été auditionnée vendredi jusqu’à minuit où on lui a parlé de son travail de journaliste et de sa couverture. On lui a donné un P-V à signer vers minuit. Mais elle ne pouvait pas voir sans lunettes», poursuit-elle. «La journaliste porte les stigmates de son interpellation violente, notamment des blessures apparentes au niveau du cou et du bras», a relevé l’avocate, laquelle précise que Kenza Khattou lui a déclaré qu’elle «a été conduite chez un médecin pour les besoins de la visite médicale, mais que celui-ci n’a pas daigné l’ausculter».
Par ailleurs, le journaliste Rabah Karèche, correspondant du quotidien Liberté à Tamanrasset, se trouve toujours en détention provisoire depuis le 19 avril dernier après avoir été arrêté la veille. Sa demande de liberté provisoire a été rejetée le 27 avril 2021 par la Cour de Tamanrasset.
Le journaliste est poursuivi pour les chefs d’inculpation «création d’un compte électronique consacré à la diffusion d’informations susceptibles de provoquer la ségrégation et la haine dans la société», «diffusion volontaire de fausses informations susceptibles d’attenter à l’ordre public» et «usage de divers moyens pour porter atteinte à la sûreté et l’unité nationale».<