Le 33e Sommet de l’Union africaine durant deux jours à Addis-Abeba aura été marqué par la volonté de l’organisation panafricaine de reprendre le contrôle sur les conflits qui touchent le continent. L’Algérie aura marqué à l’occasion sa présence en usant de son poids, notamment sur la question du retour de l’UA comme acteur incontournable dans le règlement du conflit libyen mais aussi dans la région du Sahel.

Le Président Tebboune a affirmé durant ce rendez-vous que l’Algérie « demeurera fidèle à ses principes et ses engagements et jouera, dorénavant, pleinement son rôle en Afrique et dans le monde ». Il a exprimé l’engagement d’Alger à contribuer « plus efficacement » au développement du continent africain. « Notre expérience réussie conforte notre conviction que le règlement des crises dans notre continent passe par la solution pacifique, le dialogue inclusif et la réconciliation nationale loin de toute immixtion étrangère », avait-il noté, rappelant la décennie noire vécue par l’Algérie dans les années 90. Alger a réitéré l’approche devenue une signature dans le règlement des conflits, soulignant être « toujours et inlassablement » en soutien des efforts pour l’instauration de la paix et de la sécurité en Afrique. « Notre expérience réussie conforte notre conviction que le règlement des crises dans notre continent passe par la solution pacifique, le dialogue inclusif et la réconciliation nationale, loin de toute immixtion étrangère », avait déclaré le Président algérien à l’endroit de ses pairs africains. L’Algérie a tenu à apporter sa contribution aux efforts pour le rétablissement de la stabilité en Afrique, en particulier au Sahel, tant au niveau bilatéral que par le biais de mécanismes comme le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc) ou l’Unité de fusion et de liaison (UFL), ou encore à travers le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (Caert). Sur le dossier libyen, le chef de l’Etat a qualifié la situation dans ce pays de « dramatique », précisant qu’elle « continue de susciter l’inquiétude de l’Algérie ». L’Algérie, qui plaide pour l’arrêt de toutes les ingérences en Libye, appuie fortement les efforts pour mettre fin durablement à la tension et réunir les conditions du dialogue entre Libyens. Pour Alger, c’est l’unique moyen de parvenir à une issue à la crise et d’éviter à ce pays africain un funeste avenir avec les conséquences sur la région. L’Union africaine, longtemps marginalisée dans le dossier de la crise libyenne, est appelée à « jouer un rôle plus important et œuvrer aux côtés de l’ONU dans le processus de médiation », a soutenu le commissaire de l’UA à la paix et à la sécurité Smaïl Chergui. La dégradation de la situation au Sahel est également une conséquence des soubresauts régionaux. La stabilité déjà fragile dans des pays tels que le Mali s’est subitement dégradée comme conséquences de la crise en Libye, au même titre que le Niger, en proie aux attaques meurtrières contre son armée. Avec la recrudescence des attaques terroristes sanglantes au Burkina Faso et d’autres tentatives d’attentats dans des pays sahéliens, l’instabilité a fini par gagner tout le Sahel en dépit des efforts des pays concernés.
L’UA est désormais présidée par le président sud-africain Cyril Ramaphosa pour un an. L’Egyptien Abdel Fattah Al-Sissi lui a passé le relais lors de la cérémonie d’ouverture. Ce passage pour l’Afrique du Sud, l’un des pays pivot de l’organisation, aura été favorablement accueilli par les Etats membres, notamment le Sahara occidental qui y voit probablement un nouveau style en adéquation avec la charte de l’organisation après une période Al-Sissi particulièrement laborieuse. Le président sud-africain a annoncé l’organisation de deux sommets en mai à Pretoria. Le premier sur la zone de libre-échange continentale, le second sur les questions de sécurité. « L’Afrique du Sud accueillera un sommet extraordinaire sur une initiative pour faire taire les armes au mois de mai prochain pour travailler sur les questions de paix et sécurité en Afrique. Nous, Africains, devons nous attaquer aux conflits et lutter contre le terrorisme qui fait tant de mal à nos pays, dans le Sahel, la corne de l’Afrique et même en Afrique australe. », a dit le nouveau président de l’UA. Et c’est désormais officiel, Félix Tshisekedi de la RDC sera président en exercice de l’Union africaine en 2021.