Le Parti socialiste des travailleurs (PST) dénonce un acte «antidémocratique», le Mouvement démocratique et social (MDS) appelle à un «régime déclaratif» et à la participation des syndicats autonomes à la tripartite.

Le Parti socialiste des travailleurs (PST) a vivement critiqué la décision du gouvernement de revoir la carte syndicale et d’imposer un seuil de représentativité pour activer librement et notamment lancer des appels à la grève, un des motifs qui a semblé inciter le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, visiblement inquiété par les débrayages en série à l’Education nationale et dans le secteur de la santé, à imposer aux collectifs corporatifs sur le terrain de nouveaux critères d’éligibilité à l’action syndicale.
Pour le PST, «le pourcentage de 20% de représentativité syndicale exigé pour toute négociation (avec le gouvernement NDLR) est anti démocratique». Le droit syndical est menacé dans le pays, selon cette formation.
Son secrétaire général, Mahmoud Rechidi, affirme que ce nouveau critère de représentativité «traduit la volonté du gouvernement à mettre au pas les travailleurs dans un contexte marqué par une politique d’austérité».
«Le pouvoir a besoin de s’attaquer à nos libertés démocratiques par la remise en cause du droit de grève, la répression des manifestations, le gel des syndicats et des associations», pour ce responsable, qui considère qu’il existe en Algérie une offensive libérale mettant en péril les acquis engrangés sur près d’un demi-siècle de luttes syndicales et sociales.
Pour le MDS, tendance Yacine Teguia, qui fait une analyse pessimiste de la conjoncture économique et sociale, il s’agit d’aller aujourd’hui vers un «gouvernement du travail qui pourra répondre aux aspirations de notre peuple». Ce gouvernement aura pour mission de «s’atteler à la réalisation d’une série de mesures urgentes, qui valorisent le travail et ceux qui produisent les richesses, qui améliorent les conditions pour permettre le développement en grand de notre pays», dira le secrétaire général, M. Teguia. «Les travailleurs ont besoin d’un gouvernement qui élargit les droits syndicaux», affirme encore le MDS. «Il faut aller vers un régime déclaratif pour les syndicats et non pas contester leur représentativité. Il faut en finir avec le gel des activités revendicatives, assurer l’intégralité du droit de grève et de manifestation des travailleurs, mettre fin aux licenciements de syndicalistes sous couvert de fautes professionnelles et ouvrir la tripartite aux syndicats autonomes. Il faut lever les contraintes à l’activité syndicale, en refusant les avantages fiscaux, les soutiens financiers et les marchés publics aux entreprises qui ne respectent pas les droits des travailleurs et de leurs syndicats», soutient son secrétaire général. Au sein de la majorité, le FLN affirme que «les travailleuses et travailleurs restent la locomotive pour réaliser le développement économique du pays et le sortir de sa dépendance aux hydrocarbures». Son secrétaire général, Djamel Ould Abbès, soutient également la politique du chef de l’Etat pour la «paix», la «stabilité» et la «sécurité» sans laquelle «les acquis réalisés en faveur des travailleurs n’auraient jamais pu être atteints», souligne-t-il.