Les Etats membres de l’Union africaine, réunis aujourd’hui en sommet à Nouakchott, se pencheront sur plusieurs dossiers en relation avec l’actualité brûlante du continent. Parmi eux, celui de la corruption : un sujet qui sera abordé pour la première fois dans une rencontre continentale de ce niveau.

De l’avis même du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, le combat contre la corruption doit être global en 2018, car a-t-il soutenu, la corruption prive l’Afrique de près de 50 milliards de dollars chaque année. Pour lui, toutes les nations africaines « sont concernées, d’une manière ou d’une autre, à des échelles plus au moins grandes » par ce fléau.
Les ressources détournées par la corruption en Afrique « peuvent, si elles sont investies, suppléer le recours à l’assistance extérieure». L’année 2018 est appelée ainsi, pour M. Faki, à être celle du « combat contre la corruption », car a-t-il ajouté, « comme le terrorisme, le combat devrait être global et ne saurait être gagné que par une action collective ». L’inscription de la lutte anticorruption au menu du sommet devrait relancer le débat sur la lutte contre ce fléau en Algérie confrontée depuis plusieurs jours au scandale de l’affaire de la cocaïne et des révélations sur les agissements du présumé coupable numéro 1 l’homme d’affaires Kamel Chikhi, soupçonné de corruption à grande échelle touchant des milieux influents dans l’administration et la justice entre autres.
Dans d’autres pays du continent, la lutte contre la corruption est d’actualité. Il en est ainsi de l’Afrique du Sud, dont le président Cyril Ramaphosa s’est engagé à l’issue de son élection à « renverser le cours de la corruption » à la tête de l’Etat, alors que la présidence de son prédécesseur Jacob Zuma a été éclaboussée par plusieurs scandales. 2018 est « l’année où nous renverserons le cours de la corruption dans les entreprises publiques », a assuré M. Ramaphosa lors de la présentation, devant les députés, de son programme gouvernemental en février dernier. Au Kenya, pays frappé par un vaste scandale de corruption au sommet, le chef de l’Etat Uhuru Kenyatta envisage un batterie de réformes. Parmi elles, un détecteur de mensonge pour les fonctionnaires. Au début du mois de juin, il a exigé que tous les responsables des achats et de la comptabilité des agences gouvernementales se soumettent à des tests de détecteur de mensonge en vue d‘évaluer leur intégrité. Cette injonction du président kényan intervient alors qu’une cinquantaine de personnes sont suspectées d’avoir détourné près de 100 millions de dollars issus de Service national de la jeunesse, une agence publique qui forme des jeunes à des projets allant de la construction au contrôle du trafic.