La livre turque a atteint hier mardi un nouveau record à la baisse face au dollar sous le double effet d’une inflation plus élevée que prévu et de l’instabilité sécuritaire illustrée par un sanglant attentat à Istanbul.

La devise turque a perdu près de 1,4% de sa valeur, crevant brièvement le plafond des 3,60 contre un billet vert, après la publication du taux d’inflation pour le mois de décembre 2016 par l’office national des statistiques. D’après ces chiffres, les prix ont augmenté de 1,34% par rapport au mois précédent et de 8,53% par rapport au mois de décembre 2015, bien plus que l’objectif de 5% de la Banque centrale. La parution de ces chiffres survient alors que l’économie turque traverse une période difficile avec des indicateurs de croissance dans le rouge, une devise qui ne cesse de s’éroder et une vague d’attentats qui met en difficulté le secteur clé du tourisme. Au moins 39 personnes, majoritairement des étrangers, ont été tuées, rappelons-le, dans la nuit du nouvel an dans une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique contre une discothèque huppée d’Istanbul. L’assaillant est toujours en fuite «L’inflation en décembre a été pire que nos attentes, et, d’après nos projections, l’inflation pourrait atteindre un nombre à deux chiffres au deuxième trimestre 2017, même si la devise reste stable», a indiqué dans une note écrite Altug Ozgür, du cabinet BCG Partners. Les autorités turques ont multiplié les efforts pour tenter d’enrayer la chute de la livre, le président Recep Tayyip Erdogan appelant même ses concitoyens à convertir en masse leurs devises. La mesure n’a eu que peu d’effet. En ce qui concerne l’enquête sur l’attentat contre la discothèque stambouliote, deux étrangers ont été arrêtés hier à l’aéroport international Atatürk d’Istanbul, a rapporté l’agence de presse Dogan. Les deux personnes, dont la nationalité n’a pas été précisée, ont été interpellées à l’entrée du terminal des départs internationaux et emmenées au quartier général de la sûreté d’Istanbul où elles ont été placées en garde à vue, a indiqué la même source. Ces deux interpellations portent à 16 le nombre de personnes en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur l’attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) et dont l’auteur a pris la fuite. Les autorités turques ont lancé une vaste chasse à l’homme pour retrouver l’assaillant qui a tué 39 personnes, dont de nombreux étrangers. Selon plusieurs médias turcs, les autorités soupçonnent son auteur d’être originaire d’un pays d’Asie centrale et estiment qu’il pourrait faire partie d’une cellule qui a commis un triple attentat-suicide à l’aéroport Atatürk qui a fait 47 morts en juin.