Quatre partis d’opposition turcs ont officiellement annoncé hier la formation d’une alliance électorale en prélude aux élections anticipées du 24 juin. D’après le protocole d’alliance remis samedi aux autorités électorales, cette coalition regroupe la principale formation de l’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), le jeune Bon parti (droite),

le parti conservateur Saâdet et le Parti démocrate (centre-droit). Avec cette coalition, baptisée «Alliance de la nation», l’opposition cherche à se donner les moyens de gagner les élections présidentielle et législatives prévues le 24 juin, initialement fixées au mois de novembre 2019. L’alliance de ces quatre partis d’opposition ne concerne que les élections législatives, trois de ces formations ayant décidé de présenter leur propre candidat pour le scrutin présidentiel.
Le grand absent de cette alliance d’opposition est le parti prokurde HDP, qui a lancé sa campagne vendredi en annonçant officiellement la candidature à la présidence de son chef de file Selahattin Demirtas, en prison depuis un an et demi.
De son côté, le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdogan, qui domine le Parlement depuis 16 ans, a aussi formé une alliance avec les ultranationalistes du Parti d’action nationaliste (MHP) en vue du double scrutin anticipé.
Ces élections sont particulièrement importantes, car elles marqueront le passage d’un système parlementaire à un système présidentiel aux termes d’une révision constitutionnelle approuvée par référendum l’an dernier.
La campagne s’annonce musclée. Vendredi, le CHP a désigné l’un de ses députés les plus combatifs, Muharrem Ince, pour être candidat à l’élection présidentielle. Celui-ci a tenu son premier meeting de campagne hier  à Yalova (nord-ouest). n