La Tunisie a indiqué lundi avoir reçu 1.000 doses de vaccins offertes par les Emirats arabes unis, ses premières alors que le pays n’a toujours pas débuté sa campagne de vaccination contre le Covid-19 contrairement à la plupart de ses voisins. Ces lots ont été mis à la disposition de la «santé militaire», chargée de les analyser avant de les distribuer prioritairement aux personnels de santé, a indiqué à l’AFP la présidence de la République, évoquant «un cadeau» à son attention de la part des autorités émiraties. «Le chef de l’Etat Kais Saied a refusé de se faire vacciner», et «aucun membre de sa famille» ou aucun autre «fonctionnaire à la présidence» n’a bénéficié du vaccin, a fait valoir Rym Kacem, responsable de la communication au palais de Carthage. L’annonce de la présidence de République sur l’arrivée de ces doses intervient après des fuites sur les réseaux sociaux et des confirmations par des députés. La présidence du gouvernement a de son côté indiqué dans un communiqué qu’elle «n’était pas au courant, ni de l’arrivée de ces vaccins, ni de leur source, ni de leur conditions sanitaires et légales». Le Premier ministre Hichem Mechichi a «autorisé l’ouverture d’une enquête immédiate sur les circonstances de l’arrivée de ces vaccins, leur gestion et leur distribution», ajoute le communiqué publié juste après l’annonce de la présidence de la République. Contacté par l’AFP, un porte-parole du ministère de la Défense n’a pas été en mesure «pour le moment» de donner des détails sur le type de vaccin ni sur la date précise de l’arrivée de la cargaison. La Tunisie, qui compte quelque 11,7 millions d’habitants, n’a toujours pas débuté sa campagne de vaccination, contrairement au Maroc, à l’Algérie et à l’Egypte. Prévu en février dans le cadre du programme mondial Covax, le lancement de la campagne a été retardé d’un mois du fait d’un délai dans l’arrivée des vaccins. La semaine passée, Pékin s’est engagé à offrir à la Tunisie 100.000 doses de vaccin, sans toutefois préciser s’il s’agissait du Sinopharm et si une date de livraison avait été fixée. Sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes dénoncent ce retard dans la campagne de vaccination, accusant la classe politique d’en être responsable. En pleine crise politique, la Tunisie a changé trois fois de ministre de la Santé depuis le début de la pandémie. Selon le dernier bilan officiel, 233.277 personnes ont été contaminées, dont 8.001 sont mortes, depuis l’apparition du virus dans le pays il y a bientôt un an. n