La solution politique à la crise libyenne reste la seule issue envisageable et envisagée par la troïka ministérielle, actuellement à Tunis afin de tenter de lever les obstacles qui se dressent.

La réunion ministérielle de concertation entre l’Algérie, la Tunisie et l’Egypte sur la situation en Libye se poursuivait encore hier dans la capitale tunisieanne sur fond de mobilisation des pays voisins pour surmonter les obstacles entravant le dialogue interlibyen en vue d’un règlement politique et global de la crise libyenne. Le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine (UA) et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, s’est entretenu la veille avec les ministres tunisien et égyptien des Affaires étrangères, respectivement Khemaies Jihnaoui et Samah Choukri. Les trois parties devaient définir le rôle de chaque pays dans le rapprochement de points de vues entre les parties libyennes, de converger leurs approches respectives afin de faire avancer le processus actuel devant conduire à la consolidation de l’accord politique et garantissant, par la même, le succès du Sommet sur la Libye, prévu à Alger. Mais avant ce rendez-vous crucial, il s’agit pour les trois voisins frontaliers de la Libye de tenter de trouver un moyen de relancer les efforts de paix qui ont accusé le coup suite au refus du maréchal Haftar d’accepter un «face-à-face» avec le Chef du gouvernement d’union Faiez Al Serraj; sur proposition de l’Egypte. Avant son départ pour Tunis, M. Messahel avait rencontré samedi dernier à Alger le président de la Chambre des représentants, Ageela Saleh, pour essayer de le convaincre d’accepter un compromis. M. Saleh a été accusé par M. Serraj d’avoir «délibérément» saboté la réunion prévue la semaine dernière au Caire. D’ores et déjà, un autre sommet, celui que devait abriter la Tunisie le 1er mars prochain entre les pays voisins de la Libye, avec la participation des ministres des Affaires étrangères de l’Algérie, de la Tunisie et d’Egypte, a été repoussé de 10 jours, selon l’annonce du président tunisien. Il n’en demeure pas moins que les ministres algérien, égyptien et tunisien veulent obtenir un sommet entre les deux protagonistes libyens, et ce, afin de préparer la voie à un accord politique consensuel. Pour sa part, le président tunisien Beji Caid Essebsi a dit vouloir rencontrer les ministres composant la troïka pour être informés de leurs pourparlers et s’est dit disposé à recevoir les différents antagonistes libyens n’écartant pas la possibilité d’une éventuelle visite du maréchal Haftar en Tunisie pour tenter de débloquer la situation en Libye. «La Tunisie reste sur sa position rejetant toute intervention militaire en Libye», a affirmé M. Essebssi, assurant que «la solution politique demeure le meilleur moyen de prévenir d’éventuelles complications, voire une longue guerre civile libyenne». Justement, la réunion ministérielle de concertation Algérie – Tunisie – Egypte s’articule, selon la partie tunisienne, autour de quatre principaux axes : «Amener les Libyens, toutes sensibilités politiques confondues au dialogue, rejeter toute solution militaire (…) en Libye et inviter les protagonistes libyens à aplanir les litiges». Il est question aussi, a expliqué le chef de la diplomatie tunisienne, Khémaies Jhinaoui, «de continuer à soutenir une solution politique dans ce pays chapeautée par les Nations unies». De son côté, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Samah Choukri, a souligné l’importance d’une concertation tripartite. Cette initiative, qui a été lancée à l’occasion de la visite effectuée mi-décembre dernier par le président tunisien en Algérie et sa rencontre avec le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a été appuyée par de nombreux pays, tels que l’Allemagne, l’Italie, et les Etats-Unis, ainsi que les Nations unies et l’Union européenne. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a d’ailleurs félicité l’initiative des pays voisins de la Libye, affirmant sa disposition à contribuer à la faire réussir. Engagée depuis le début de la crise aux côtés du voisin libyen, l’Algérie a entrepris, à la demande des parties libyennes, des efforts intenses pour aider à ce rapprochement et à trouver des solutions aux différends qui les opposent.
«L’Algérie reste déterminée à œuvrer dans ce sens pour qu’une solution définitive soit trouvée et permettre le rétablissement de la sécurité et de la stabilité dans ce pays», avait affirmé samedi dernier le ministère des Affaires étrangères. «C’est dans ce sens et à la demande des parties libyennes qui se sont rendues en Algérie ces dernières semaines, qu’une tournée dans plusieurs régions libyennes de M. Messahel est programmée dans les prochains jours», selon la même source. Le ministre Abdelkader Messahel avait récemment mis en exergue l’importante contribution de l’Algérie visant au rapprochement entre les parties libyennes, ainsi que son action constante en faveur de la solution politique durable, à travers le dialogue inclusif, la réconciliation nationale, loin de toute ingérence extérieure et l’impératif de mutualiser les efforts des Libyens pour bâtir des institutions fortes et légitimes, notamment une armée nationale unifiée.
Les dirigeants libyens sont parvenus, à l’issue d’une série de rencontres tenues dans plusieurs pays voisins, dont l’Algérie, l’Egypte et la Tunisie, à un accord consacrant plusieurs constantes nationales «indéniables et immuables», dont la «préservation de l’unité de la Libye et de son intégrité territoriale», ainsi que les exigences actuelles impliquant l’établissement d’un Etat fort qui jouit d’institutions solides, d’un peuple uni et d’une armée opérationnelle.