Les autorités tunisiennes ont averti que les hôpitaux peinaient à faire face à l’afflux de malades ayant contracté le nouveau coronavirus, appelant au respect des gestes barrières pour éviter un autre confinement désastreux pour l’économie. «Les capacités du système de santé tunisien ne sont pas encore arrivées à saturation mais on commence à avoir de petits soucis dans le grand Tunis et (…) du côté de Sousse», sur la côte tunisienne, a indiqué le Dr Hechmi Louzir, porte-parole du comité scientifique de lutte contre le Covid-19. «On manque de ressources humaines» dans les services de réanimation pour pouvoir augmenter rapidement les capacités hospitalières, a souligné M. Louzir, directeur de l’Institut Pasteur de Tunis. Selon lui, 345 malades du Covid-19 sont actuellement hospitalisés, dont 120 nécessitant un apport d’oxygène. La Tunisie, qui avait quasiment circonscrit la pandémie fin juin avec un millier de cas et cinquante morts, a levé la plupart des mesures de restrictions durant l’été. Mais le nombre de cas confirmés atteint désormais les 20.000, dont près de 300 décès. «Si on n’arrive pas à infléchir cette courbe qui est vraiment en train de monter, on risque d’être débordés», a mis en garde le médecin, soulignant l’importance de respecter les mesures de prévention. Des hôpitaux de campagne doivent être mis en place dans plusieurs villes, a indiqué vendredi le ministre de la Santé Faouzi Mehdi. «L’application rigoureuse des mesures prises par les autorités est nécessaire mais on compte sur le sens des responsabilités des citoyens», a-t-il déclaré, ajoutant que les contrôles seraient renforcés. Le port du masque imposé début août dans les lieux publics fermés est resté peu appliqué, par le grand public comme par certains responsables, et nombre de Tunisiens réclament une stratégie plus stricte. Le Premier ministre Hichem Mechichi a exclu un confinement général de tout le pays comme celui mis en oeuvre au printemps mais des confinements locaux sont envisagés. Un couvre-feu a été imposé jeudi dans les régions côtières de Sousse et de Monastir ainsi que dans certaines zones autour de Sidi Bouzid, dans l’intérieur du pays, avec la suspension des marchés hebdomadaires et la fermeture des salles des fêtes. Des manifestations du personnel médical ont eu lieu ces derniers jours pour réclamer notamment des équipements de protection. «La situation médiocre de la santé publique nous empêche de travailler convenablement», a souligné Othman Jallouli, secrétaire général de la Fédération syndicale de la Santé.