Avec plus de 32 000 entrées dans la ville de Nabeul et ses environs, les Algériens représentent le deuxième groupe de touristes étrangers se rendant en Tunisie. Un chiffre qui bondit de 38% par rapport  à 2017, où ils étaient 23 365.

Les indicateurs touristiques dans la région de Nabeul sont au vert. En effet, du 1er janvier au 10 juillet dernier, le nombre de touristes arrivés dans les gouvernorats de Nabeul et Hammamet ont connu une évolution importante, par rapport à la même période de 2017, avec une évolution de 26,1%.
Rencontré à Hammamet, le commissaire régional au tourisme, Azzedine Elgrami, a indiqué que durant cette période «380 318 touristes se sont rendus dans les zones touristiques de Nabeul et Hammamet contre 303 868 durant la même période de 2017, et une hausse de 63,1% par rapport à l’année de 2016».
Concernant nos compatriotes, le responsable révélera que «323 777 Algériens ont opté pour les plages de Hammamet, Nabeul, Kélibia, depuis le 1er janvier et jusqu’au 10 juillet dernier», soulignant que «ce chiffre est en hausse de 38,1% par rapport à l’année précédente et de 197,9% par rapport à l’année 2016, où les Algériens étaient au nombre de 10 867».
En matière de nuitées, les Algériens ont passé pas moins de 101 583 nuitées dans différents hôtels de la région de Nabeul. Azzedine Elgrami nous fait savoir qu’«il y a une augmentation de 39% par rapport à l’année 2017 où le chiffre était de 72 688 nuitées». Par ailleurs, il précise que les Algériens ont été devancés par les Russes, qui représentent le plus important « contingent » de vacanciers avec 49 860 Russes. Un chiffre qui est en augmentation depuis 2016 où ils étaient 32 226 et 32 588 en 2017. D’autre part, la troisième place revient aux Britanniques avec 31 743 touristes. Il faut dire qu’en 2016, ils n’étaient que 2 271 à avoir franchi la frontière de Nabeul contre 1 911 touristes en 2017. Un chiffre qui se veut rassurant, vu qu’en 2015, l’attentat de Sousse avait coûté la vie à 31 Anglais. La quatrième place revient aux Français avec 31 334 touristes. Un nombre qui est en augmentation de 249% par rapport à l’année de 2016 et 65% par rapport à la même période de 2017.
Dans un contexte sécuritaire marqué par l’absence d’attaques d’envergure, la Tunisie tente de reconquérir des parts de marché. Ce qui nécessitera plusieurs années d’efforts. Le commissaire régional au tourisme de Nabeul se veut positif. Toutefois, il faut préciser que même avec une telle hausse du nombre des touristes il n’y aura de bénéfices conséquents pour le budget de l’Etat, et cela est dû à la chute historique du dinar tunisien face à l’euro et au dollar.

La raison de la forte présence russe
Pour expliquer la forte présence des Russes, il indiquera qu’«une stratégie de conquête de cette cible a été mise en place». Il y a eu la visite d’une très importante délégation d’agences de voyages et tour-opérateurs russes en début d’année à Djerba. Résultat. Plusieurs importants tour-opérateurs ont fait la promotion de la destination Tunisie.
Un effort a été fait au niveau du personnel pour s’adapter à cette clientèle. Si ces centaines de milliers de visiteurs sont importants et permettent aux hôtels de fonctionner à plein au lieu de végéter et de se défraichir, les retombées financières ne sont pas aussi bénéfiques qu’avec les clientèles belge, italienne, française et allemande. Le rouble n’est ni l’euro ni le dollar. Ces touristes venus de la Volga dépensent peu à l’extérieur des enceintes hôtelières.

Le nombre de nuitées en évolution
Le commissaire régional affirme que «les autorités maintiennent la mobilisation et font de la qualité des prestations une préoccupation majeure tout en maintenant une concertation permanente avec les professionnels du secteur et tous les autres intervenants gravitant autour de la chaîne touristique».
En ce début de saison estivale, le commissaire régional au tourisme de Nabeul se félicite des prémices de reprise de l’activité hôtelière en Tunisie. Une reprise qui a été confirmée par les chiffres au 10 juillet 2018 : une hausse de 44,5% au niveau des nuitées effectuées par les touristes étrangers ainsi que tunisiens a été constatée.
Les vacanciers de différents cieux ont passé 1 542 638 nuitées contre 1 067 420 par à la même période de 2017 et 803 257 en 2016.

Les hôteliers misent également sur le tourisme intérieur
Malgré quelques difficultés liées au contexte économique, ce secteur reste l’un des plus prometteurs du pays. Il est pourvoyeur d’emplois, permanents et saisonniers. Il contribue également au dynamisme d’autres secteurs économiques, tels que le transport, l’artisanat, le commerce, la restauration, les services, entre autres.
Pour renforcer ce secteur, qui affiche une importante reprise, après avoir été affecté par le déclenchement d’actes de terrorisme et d’assassinats politiques, il est intéressant d’encourager les familles tunisiennes à visiter les stations touristiques non seulement durant la saison estivale mais aussi tout au long de l’année. De même, il est nécessaire que les hôtels proposent des prix réduits pour attirer un grand nombre de Tunisiens. Une démarche qui permet d’augmenter les performances et de valoriser le patrimoine touristique tout en augmentant la part de marché local dans la croissance de l’activité touristique. Les Tunisiens se placent dans le peloton de tête avec 175 016 touristes. Un chiffre en baisse par rapport à l’année de 2017, où il était de 186 227, mais en hausse par rapport à la même période de 2016. Le nombre des nuitées effectuées par les clients tunisiens (résidents à l’étranger) a été de 345 945 contre 269 142 durant la même période de 2016, soit en hausse de 28,5%.