Le Premier ministre tunisien Hichem Mechichi a affirmé que la normalisation des relations entre son pays et Israël n’était «pas une question à l’ordre du jour», quelques jours après qu’une telle décision a été prise par son voisin marocain. «C’est un choix pour lequel le Maroc a opté librement. Nous respectons le choix du Maroc, le Maroc est un pays frère, un pays que nous aimons beaucoup. Pour la Tunisie ce n’est pas une question à l’ordre du jour», a déclaré M. Mechichi dans une interview sur la chaîne française France 24, lundi soir. «Chaque pays a sa réalité, sa vérité, et chaque pays a sa diplomatie qu’il considère être la meilleure pour son peuple», a-t-il poursuivi, indiquant qu’il n’avait pas été approché par l’administration américaine en ce sens. Jeudi dernier, le président américain sortant Donald Trump avait annoncé l’engagement du Maroc à normaliser ses relations avec Israël et la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté marocaine sur le territoire disputé du Sahara occidental. Après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan, le Maroc est le quatrième pays arabe depuis août à promettre une normalisation des relations avec l’Etat hébreu. Au Maghreb, cette décision du Maroc a fait quelques remous, à l’image de l’Algérie qui a dénoncé des «manoeuvres étrangères» visant à la déstabiliser. La question du Sahara occidental, qui partage un bout de frontière avec l’Algérie, empoisonne les relations algéro-marocaines depuis plus de 40 ans.
L’ancienne colonie espagnole est à la fois revendiquée par les Marocains et les indépendantistes du Front Polisario soutenus par l’Algérie. Des négociations pilotées par l’ONU sont au point mort depuis le printemps 2019. Cette brouille entrave notamment la mise en oeuvre de l’Union du Maghreb arabe (UMA) et représente un coût économique estimé par des experts internationaux à plusieurs points de PIB.