La justice tunisienne a lancé mardi un « avis de recherche » contre un ex-candidat à la présidentielle Nabil Karoui et son frère député, dont l’arrestation en Algérie voisine a été annoncée dimanche par des médias tunisiens. Jusqu’à présent, ni l’Algérie ni la Tunisie n’ont officiellement confirmé ces arrestations survenues dimanche. Selon Radio Mosaïque FM (privée), la police aux frontières algérienne a arrêté M. Karoui, leader du parti libéral Qalb Tounès, et Ghazi Karoui dans la région de Tébessa dans le nord-est de l’Algérie. Aucune indication n’a été donnée sur les raisons de ces arrestations. Mardi, le porte-parole du tribunal tunisien de Kasserine (centre-ouest), Riadh Al-Nouioui, a déclaré à l’AFP qu’un « avis de recherche a été lancé contre Nabil et Ghazi Karoui pour avoir traversé illégalement la frontière ». Une personne soupçonnée d’avoir aidé les deux hommes à quitter le pays a été arrêtée la veille, a-t-il ajouté sans autre précision. L’Algérie et la Tunisie sont liées par un accord stipulant l’extradition par l’un des deux pays « de toute personne poursuivie ou condamnée » dans l’autre. Toute demande d’extradition doit être « accompagnée d’un document officiel du pouvoir », selon les termes de l’accord. Fondateur de la chaîne privée tunisienne Nessma TV, Nabil Karoui est poursuivi depuis 2017 pour blanchiment d’argent et fraude fiscale. Il avait passé plus d’un mois en prison en 2019 puis est resté en détention provisoire de décembre 2020 à juin 2021. M. Karoui, dont le programme pour la présidentielle était axé sur l’anti-islamisme et la lutte contre la pauvreté, avait été largement battu en 2019 par Kaïs Saïed, universitaire néophyte en politique, sur fond de rejet des élites au pouvoir depuis la révolution de 2011. Fin juillet, M. Saied, a invoqué la Constitution pour s’octroyer les pleins pouvoirs, limoger le chef du gouvernement et suspendre le Parlement. Depuis ce coup de force, arrestations, interdictions de voyage et assignations à résidence ont visé magistrats, députés et hommes d’affaires, dans le cadre d’une « purge anticorruption ». (AFP)