Elle considère que l’obligation faite aux véhicules industriels de payer 200 dinars tunisiens à l’entrée dans le territoire du pays voisin est une «entrave» aux échanges commerciaux.

La décision des autorités tunisiennes de taxer les transporteurs algériens à hauteur de 200 dinars tunisiens à leur entrée dans leur territoire a fait réagir, jeudi dernier, la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect). Dans un communiqué diffusé par la TAP, repris hier par l’AFP, cette confédération exprime sa préoccupation des effets de la décision de taxer la circulation des marchandises dans le sens Algérie-Tunisie. Elle estime que «ce genre de dispositions crée une instabilité règlementaire et constitue des obstacles pour les opérateurs économiques de nos deux pays frères et voisins». «La conjoncture actuelle nécessite une batterie de mesures de facilitation et de soutien en faveur des opérateurs économiques afin d’augmenter le volume des échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Algérie qui, est en deçà du potentiel existant», estime la même source, appelant les autorités concernées à «lever ces entraves à l’export qui freinent le développement de la PME tunisienne à l’International».
En réaction à l’information et aux interrogations qu’elle suscite en Algérie ainsi qu’en Tunisie, les Douanes tunisiennes ont indiqué qu’il ne s’agit pas de taxe, mais de frais douaniers ne concernant pas les véhicules touristiques et les autobus. Ces frais sont notamment relatifs aux opérations de scannage de véhicules industriels lourds. La même source a précisé que l’article 42 de la loi de finances 2018 a instauré un droit de scannage des conteneurs, estimé à 200 dinars tunisiens et payé automatiquement à travers la souscription d’une déclaration «UC» relative aux unités de charges. Les Douanes tunisiennes ont ajouté que les mesures de cet article sont appliquées par les services de la douane à partir du 1er janvier 2018, à tous les passages frontaliers équipés de scanners.
Pour les autres passages terrestres, a-t-on ajouté, cette mesure sera appliquée progressivement en parallèle avec la mise en place des scanners spécifiques aux unités de charges. Les unités de charges importées à travers les ports tunisiens sous le régime transit et orientées vers les passages frontaliers terrestres payent le droit de scannage au niveau du premier bureau d’entrée où les déclarations douanières type «UC» sont déposées, sachant qu’aucune taxe de sortie ne leur est imposée, a également indiqué la Douane tunisienne. La Direction générale des Douanes a également expliqué que ce droit a été décidé pour couvrir les coûts d’acquisition et de maintenance des scanners et que cette mesure est appliquée dans tous les pays.
La Conect est une centrale patronale qui rassemble les petites, moyennes et grandes entreprises tunisiennes et étrangères exerçant dans les différents secteurs de l’économie tunisienne dans toutes les régions. Elle est présente partout en Tunisie et a pour mission de défendre l’entreprise et l’initiative privées.