Le communiqué de la Présidence d’avant-hier, concluant le Conseil des ministres, a compté huit points présentés comme instructions du Chef de l’Etat aux membres du gouvernement. Cela concernait divers sujets, de «l’amendement du code des pensions militaires» (la première), au «Conseil supérieur de la jeunesse» (la huitième), en passant par «le secteur de la Poste» (la cinquième).
Une parmi ses instructions ne pouvait pas passer inaperçue. Il s’agit de la quatrième, présentée dans le communiqué de la présidence par cet intitulé «La préparation du mois sacré du Ramadhan». Un texte d’exactement cent mots et, totalement, axé sur l’alimentation carnée. Le terme de «viande» a été mentionné à quatre reprises, en y ajoutant (pour les trois premiers) les qualifications «locales», «importées», «congelées».
La première remarque s’impose d’elle-même, préparer le Ramadhan, c’est mettre à la disposition de la population ses besoins en nourriture. Pour certains, cela résonne carrément comme un pléonasme. Le mois sacré, et depuis trop longtemps, est synonyme pour la majorité des Algériens de préoccupations alimentaires.
Faut-il faire des reproches aux «concepteurs» du communiqué ou à ceux qui ont élaboré, avant sa tenue, l’ordre du jour du Conseil des ministres ? Trop facile, et, à y réfléchir, la réponse serait plutôt négative. Tout simplement, le contenu était orienté suivant les demandes et les attentes de la cible, qui n’est autre que le citoyen. Une triste réalité.
Chaque année, durant ce mois lunaire qu’est le Ramadan, le même constat s’impose à tout le monde. Les appétits des familles, et des spéculateurs, sont toujours revus à la hausse. Le meilleur cliché reste les nombreuses files d’attente aux alentours des commerces et des supérettes ainsi que les pénuries «imposées», que tout le monde peut constater avant chaque début de Ramadan.
Dans cette ambiance de «bouffe», les personnes qui osent mettre en avant l’aspect spirituel du mois sacré se voient classées souvent dans la case «extra-terrestres».
Ainsi, quand les citoyens auront des préoccupations autres que le tube digestif, l’espoir sera encore plus grand d’avoir des Conseils de ministres abordant des sujets plus digestes. Le rêve est permis.