Au troisième jour de l’Aïd, la quasi-totalité des commerces à Alger sont fermés. Hormis quelques boulangeries, magasins d’alimentation générale et de bureaux de tabac, les commerçants ont fait le pont. Les artères de la capitale, habituellement animées, sont, en effet, désertes en l’absence de commerces ouverts.

A 10H, Zakia, mère de famille qui reçoit des invités inattendus, a eu beaucoup de mal à trouver un magasin d’alimentation générale ouvert à la place Audin d’Alger centre. « Je voulais acheter du jus de fruits mais ils étaient pratiquement tous fermés, j’ai dû marcher longtemps avant de trouver un magasin ouvert la place des Martyrs, alors que mes invités attendaient à la maison », déplore-t-elle. Avant d’enchaîner : « Je ne vous parle pas de la difficulté de trouver une pâtisserie ouverte, ce qui fait que je me suis rabattue sur des biscuits.» Selon elle, le pont des commerçants « pénalisent grandement les consommateurs ». Idem pour les marchands de fruits et légumes. Au marché Meissonier, il était impossible de trouver un marchand de légumes ouvert. Seuls les vendeurs de fruits étaient à l’affut d’éventuels acheteurs : «J’ai besoin d’acheter des légumes, de la tomate, de la courgette et de la salade verte et non pas des fruits », lance en colère Mohamed, un habitué du marché Meissonier.
« Je ne suis pas le genre qui achète de grandes quantités de légumes pour les stoker mais j’ai eu tort puisque je repars bredouille du marché », regrette-t-il. Idem pour le pain. Rare sont les boulangeries ouvertes. A la place 1er-Mai, sous les arcades, la seule boulangerie ouverte est prise d’assaut par les citoyens. Une file interminable est, en effet, visible de loin. « On a ouvert la boulangerie après la prière d’El Fedjr et jusqu’à maintenant, on n’a pas eu une minute de répit », se plaint le propriétaire de la boulangerie. Il explique que « les gens viennent de partout parce que la majorité des boulangeries est fermée ». Selon lui, « légalement, les boulangeries sont obligées d’ouvrir mais sur te terrain, c’est tag alaa men tag. C’est-à-dire que les gens font ce qu’ils veulent et personne ne leur demande de comptes». Les restaurants, les pizzérias ainsi que les fast-foods ont toutes baissé rideau : «On n’a pas ouvert le fast-food parce que je pense qu’au troisième jour de l’Aïd personne ne peut laisser la viande de mouton et venir manger chez nous un casse-croûte-frites omelette », explique le propriétaire d’un fast-food à la place d’El Biar. Quant au propriétaire d’un restaurant populaire, spécialisé dans le poulet à la place des Martyrs, ce sont les cuisiniers et les serveurs qui manquent à l’appel explique-t-il. « Les serveurs et les cuisiniers n’habitent pas Alger, ils sont partis fêter l’Aïd chez eux, je ne peux tout de même pas leur demander de revenir au troisième jour de l’Aïd », justifie-t-il.
Quoi qu’il en soit, les commerces ont fait défaut au troisième jour de l’Aïd, contrairement aux premier et deuxième jours où les commerçants ont pour leur majorité respecté la contrainte de la permanence imposée par le ministère du Commerce.
En effet, près de 51 000 commerçants ont été réquisitionnés par le ministère du Commerce à cet effet. 99,88%, d’entre eux ont respecté la réquisition selon le Directeur du Contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère, Abderrahmane Benhazil. « C’est un bilan très satisfaisant et nous saluons ces commerçants pour leur engagement», s’est-il réjoui. Dans les faits, les permanenciers étaient constitués de 5 506 boulangeries,
33 013 commerçants dans l’alimentation générale et fruits et légumes, 11 949 pour les activités diverses et 462 unités de production.