Mis au chômage technique depuis le 1er décembre, les travailleurs de l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem) sont revenus à la charge, hier, pour exiger la reprise du travail. Ils ont, à l’occasion, demandé une nouvelle fois le départ du staff dirigeant de l’entreprise qu’ils désignent comme responsable de la situation de blocage que vit leur usine.
Pour ce faire, ils ont organisé une nouvelle marche, entamée de l’ancienne mairie (centre-ville) pour se diriger vers le siège de la Direction de l’entreprise à l’entrée Ouest de la ville, pour revenir, ensuite, au siège de la wilaya, pour contester l’arrêt technique de l’usine qui les emploie et exiger de reprendre leurs activités. Lequel arrêt technique avait été décidé par la Direction de l’Eniem pour des raisons de «contraintes financières » et de « rupture des stocks des matières premières », faut-il le rappeler.
Une solution rejetée par les travailleurs qui sont montés au créneau dès le premier jour de l’arrêt technique, décrété par leurs responsables, pour organiser une première marche de protestation qui les avait menés chez le wali de Tizi-Ouzou. Quelques jours plus tard, au bout de la première semaine de la fermeture de l’usine, ils ont organisé une conférence de presse au siège de l’Union de wilaya (UW) de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) pour réitérer leur appel à l’intervention des pouvoirs publics, en mettent en avant « le spectre d’un plan social vers lequel se dirige l’Eniem pour des raisons économiques, après deux périodes d’arrêt technique d’activité en une année ». Le 13 décembre, une réunion a été tenue entre le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, et les responsables des banques en présence des responsables de l’Eniem, mais aussi de l’Enie. Un rendez-vous qui devait permettre de débattre du plan de relance, plutôt de sauvetage, des deux filiales du groupe Elec El-Djazaïr. Mais quasiment aucune information n’a été livrée après cette réunion, ce qui témoigne de la difficulté pour les pouvoirs publics à trouver des solutions pour faire sortir les entreprises publiques de l’impasse dans laquelle elles se trouvent. C’est, en tous les cas, ce que laissent supposer les dernières déclarations du PDG de l’Eniem, Djillali Mouazer. « Il n’y a rien de nouveau pour l’instant » et « il ne peut y avoir de reprise du travail dans l’immédiat », a-t-il affirmé à l’APS, rappelant qu’« un plan de sauvetage a été élaboré avec le groupe Elec El Djazaïr et le ministère de l’Industrie pour être soumis aux banques et au ministère des Finances ». Pour sa part, M. Aït Ali avait souligné que la vision des pouvoirs publics est que le « secteur public doit bénéficier d’une relance et d’un financement, mais cela sur des bases financières saines ».
Pour rappel, l’Eniem n’est pas à son premier arrêt technique. Une première décision du genre avait été prise en février dernier, poussant l’Etat à intervenir pour faire débloquer un crédit de 1,1 milliard de dinars au profit de cette entreprise asphyxiée financièrement, mais sans pour autant lui faire éviter le même sort, neuf mois plus tard. Le montant injecté par la BEA n’aura finalement suffit à faire redémarrer l’outil de production de l’Eniem que jusqu’au mois d’octobre. Et à donner aussi à réfléchir à un plan de relance plus approprié à cette entreprise dans la tourmente.