Trois jours après la tenue du 6e Congrès national ordinaire du parti, la direction du Front des forces socialistes (FFS) a animé, hier, une conférence de presse dans laquelle le premier secrétaire du parti et porte-parole du congrès, Youcef Aouchiche, est revenu sur les étapes de ce rendez-vous.

PAR NAZIM BRAHIMI
Et s’il reste encore pour le FFS de concrétiser les conclusions de ce congrès avec l’élection, dans un délai d’un mois, d’un premier secrétaire, par le Conseil national issu du congrès ainsi que celle des 7 membres du Comité collégial et d’éthique, le conférencier a fait part de sa «satisfaction» suite au «succès» de cette étape statutaire censée remettre de l’ordre et de la cohésion dans les instances du parti, appelé à retrouver sa place sur un échiquier politique national qui se cherche.
M. Aouchiche s’est appuyé dans son oral sur la résolution politique du parti élaborée par les congressistes et intitulée «un pacte historique pour le parachèvement du projet national». Se référant, d’emblée lors de son intervention, à «l’insurrection civique pacifique du 22 février 2019 qui a ouvert la voie à la réconciliation historique et au parachèvement du projet national basé sur la Proclamation du 1er Novembre 1954 et de la plateforme de la Soummam», le responsable a estimé que «la mobilisation populaire sans précédent a scellé l’unité du peuple et son profond attachement à son histoire, à sa mémoire et à ses valeurs communes et a traduit avec force et admiration la volonté de nos compatriotes de repenser la Nation et de se projeter pour construire collectivement cet avenir de paix, de prospérité et de justice, grande promesse historique de nos glorieux martyrs de la libération nationale».
Pour le responsable du FFS, les dirigeants du pays «auraient dû faire preuve de lucidité politique et se saisir du potentiel politique extraordinaire que recelait cette dynamique populaire pour l’encadrer et l’orienter, en accord avec les forces d’opposition patriotiques, dans la perspective d’un changement politique profond, ordonné et progressif qui préserve l’Etat et renforce les défenses politiques immunitaires de la Nation».
Dans sa critique du pouvoir, le conférencier a ajouté que «le régime aurait tort de se réjouir d’un nouveau vide politique car les fragilités politiques et économiques persistantes ne mettent pas le pays à l’abri de nouvelles crises et de nouvelles révoltes», soulignant que «le refus de médiations politiques et sociales expose notre pays à des risques d’instabilité et de violence susceptibles de provoquer des ingérences étrangères».
Pointant ce qu’il a considéré comme «la confusion entre Etat et Pouvoir, entretenue aussi bien par les dirigeants du pays et ceux qui se réclament d’une opposition dite “radicale”, (qui ) entrave l’émergence d’une culture politique institutionnelle nourrie par un sens aigu de l’Etat et de l’intérêt général», M. Aouchiche a estimé que «cette forme pré-politique d’exercice de l’autorité maintient les institutions prisonnières des relations personnelles, familiales, voire tribales et régionalistes».
Pour le plus vieux parti de l’opposition, «nulle personne, nul groupe, nulle institution n’a le droit ni la légitimité d’engager l’avenir de la nation sans réaliser au préalable un consensus national», affichant notamment son rejet des «logiques de rupture et les voies séditieuses faussement révolutionnaires en privilégiant celles, plus politiques, plus pacifiques, du dialogue et du compromis».
Le FFS s’est adressé également à l’ensemble des acteurs politiques, économiques, sociaux et culturels pour «se hisser à la hauteur des défis historiques et des attentes légitimes du peuple et à se tourner résolument vers l’avenir en surmontant les divergences secondaires et en se libérant du sectarisme et des ‘’assabyates’’ pour se rassembler autour d’un même idéal, d’une même espérance, celle d’une Algérie libre, démocratique, souveraine, réconciliée et prospère».
Pour sa part, Djamel Baloul est revenu, en sa qualité de président du bureau du congrès, sur les débats qui ont eu lieu, notamment en ce qui concerne les aménagements statutaires apportés en expliquant les raisons et les motivations des nouvelles clauses.
L’ancien député a mis en avant la qualité et l’intensité des débats «positifs» et «responsables» qui ont prévalu rendant hommage aux congressistes qui ont insisté «à renforcer les prérogatives» du Conseil national, ce qui a été concrétisé à l’issue des assises, a-t-il affirmé. n