Un récital. C’est ce que le Bayern Munich nous a offert vendredi soir face au FC Barcelone avec un carton 8 buts à 2 pour se hisser en demi-finale de la Ligue des champions UEFA. Ainsi, les Bavarois rejoignent le RB Leipzig, l’autre club allemand, qui se trouve dans la seconde moitié du tableau, pour l’avant-dernière étape. En plus de Hans-Dieter Flick, coach munichois, et son homologue lipsien, Julian Nagelsmann, un autre compatriote sera sur le banc du Paris Saint-Germain. Il s’agit de Thomas Tuchel. Après l’hégémonie espagnole, on croit déjà savoir qui détient désormais les clés du foot en Europe.

Qui peut prétendre avoir un jour surclassé le Barça emmené par le génial Lionel Messi ? Personne à part le Bayern. Jamais les Catalans n’avaient subi une telle humiliation en Ligue des Champions. Avant-hier, à l’Estádio da Luz, soit le stade de la Lumière en langue de Molière, c’était un véritable trou noir pour les « Blaugrana » qui n’ont jamais existé au moment de croiser le fer avec les camarades de Thomas Müller, élu homme du match.
Au-delà de l’ampleur du score, ce qui était frappant, c’était la constance des Allemands qui n’ont décéléré à aucune moment. Rigueur, discipline, exigence et respect de l’adversaire jusqu’à la dernière seconde, tout cela condensé en 90 minutes donne ce qui s’apparente à un carnage footballistique. Certains peuvent dire que les Espagnols ne sont que l’ombre d’eux-mêmes. Ce qui n’est pas faux en soi. Mais là, il ne s’agissait pas de faiblesse ou de défaillance de l’équipe adverse. C’était, plutôt, la supériorité implacable de l’octuple champion sortant de la Bundesliga.

7 demies sur 9 possibles pour le Bayern
Certes, à l’analyse de l’état de forme des deux prétendants, les pronostics allaient majoritairement dans le sens du team de Munich. Mais qui aurait misé sur une pareille déculottée? Certes, Lewandowski & cie avaient nombreux arguments pour faire plier ceux d’Arturo Vidal. Delà à les humilier de cette manière, il fallait s’appeler Alfred Hitchcock pour imaginer ce duel hispano-germanique tourner à l’atomisation venue signer la fin définitive de la hype FC Barcelone. Comme un symbole, la balle ronde allemande, s’offrait le scalpe d’une formation ibérique qui a marqué la dernière décennie de la balle ronde de son empreinte. La meilleure des manières de rappeler que la Bundesliga est un championnat de qualité indéniable. Certes, voir le Bayern atteindre des rôles aussi avancés n’est en rien une nouveauté. D’autant plus qu’il pu rallier le dernier carré pour la 7e fois lors des 9 dernières éditions de C1.
Toutefois, pour cette séquence, on frôle l’excellence. On a comme l’impression que la Bundesliga est en train de basculer dans le niveau quintessence. Là-bas, la perception du sport roi est différente. Elle obéit à des constances. Oui, au pays de la Chancelière, la balle ronde est presque une science. Rien n’est laissé au hasard. Que ce soit en management ou gouvernance. Et cela fait émerger de nouvelles références. A l’instar du RB Leipzig qui jouait, il y a 7 ans, dans les catégories régionales de la hiérarchie allemande. L’ascension est fulgurante.

Une science presque exacte
Aujourdhui, la formation achetée par Red Bull (géant des boissons énergisantes), est une valeur sûre sur le plan national et commence à se construire une aura au niveau continental sous les ordres du génialissime Julian Nagelsmann qui n’a que… 32 ans. Nouvelle vision du football, des idées révolutionnaires et des entraînements avec des drones pour parfaire le placement tactique, les séances sur rectangle vert ressemblent à celles dans un laboratoire scientifique ou une usine de robots programmés pour… gagner.
Par ailleurs, il y a un autre indice non-négligeable. Il nous provient de France. De chez le Paris Saint-Germain plus exactement. Les Français ont dû attendre l’arrivée d’un driver allemand, Thomas Tuchel en l’occurrence, afin d’atteindre les demies pour la première fois depuis que la formation de la capitale a été achetée par les Qataris. Ainsi, la présence « teutonne » sera très significative dans le restant du tournoi. Annonciateur d’un règne à venir ? Probablement. n