Bien que le président Tebboune ait déjà utilisé les termes qui évoquent ses trois ans à la tête de l’Etat à l’occasion du premier anniversaire de la création de la Cour constitutionnelle, célébré le 5 décembre, c’est aujourd’hui, 12 décembre, qu’il vient de boucler trois années dans ses fonctions présidentielles.

PAR NAZIM BRAHIMI
Et s’il reste au chef de l’Etat deux ans d’exercice pour un bilan global à établir en décembre 2024, il n’en demeure pas moins qu’à l’orée d’une année 2022 qui tire à sa fin, c’est le moment propice pour un bilan d’étape.
Il s’agira, manifestement, et particulièrement en ce qui concerne la situation économique du pays, de poursuivre les chantiers lancés sur fond d’une gestion rationnelle des ressources du pays et de la libération de l’acte d’investir doté désormais d’un nouvel encadrement réglementaire.
«L’Algérie se dirige, dans le cadre de la nouvelle approche économique, à pas fermes et de façon plus réaliste vers la diversification de l’économie nationale, à travers laquelle nous aspirons à jeter les bases solides d’une nouvelle économie nationale forte et durable, affranchie de la dépendance aux revenus des hydrocarbures», a affirmé le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, le 20 octobre dernier à l’occasion du Forum de l’export, organisé par le Conseil du renouveau économique algérien (CREA).
Il a ajouté, dans le même registre, que les exportations hors hydrocarbures sont en passe d’atteindre 7 milliards de dollars d’ici la fin de l’année en cours au moment où le Gouvernement tend à augmenter ce volume des exportations à 10 milliards de dollars en 2023.
Et si le bilan économique peut annoncer, comme le fait le chef de l’Exécutif, des points positifs tels que l’augmentation des salaires de la Fonction publique, l’attribution de la prime chômage ainsi que la lutte contre la spéculation, il reste que le pouvoir d’achat des salariés en perpétuelle érosion constitue l’une des préoccupations de l’action publique pour l’année 2023. A cet effet, le Président Tebboune a promis, lors de la troisième rencontre avec les walis, que l’année 2023 s’accompagne de nouvelles mesures au profit du simple citoyen qui demeure, a-t-il dit, «la priorité et au centre des préoccupations de l’Etat». Pour joindre l’acte à la parole dans ce volet, il a ordonné de préparer les textes d’application relatifs à l’augmentation des salaires, des pensions de retraite et de l’allocation chômage pour procéder au versement des augmentations à compter de janvier 2023.
Les fonctionnaires ne font pas la fine bouche puisqu’ils attendent cette augmentation. Ils ne souhaitent pas moins voir le gouvernement agir aussi sur l’inflation. «Les augmentations de salaires qui ont eu lieu ces dernières années n’ont pas pu améliorer le pouvoir d’achat. C’est une mauvaise solution pour un vrai problème. Au lieu d’agir sur le dénominateur qui est l’inflation, on cherche des solutions de facilité en augmentant le salaire minimum», a estimé le statisticien et économiste Mohamed Yazid Boumghar.
Devant les membres de la Cour constitutionnelle et ses invités, le chef de l’Etat n’avait pas manqué l’occasion d’appeler les Algériens à la patience et de préciser qu’il est à l’écoute des attentes des populations. «Je suis pleinement conscient des aspirations du peuple à une justice véritable, à la prospérité et au développement dans une Algérie nouvelle, redoutée et respectée, qui occupe la place qu’elle mérite au double plan régional et international», a-t-il dit.
Sur le plan diplomatique, l’action de l’Algérie a été au rendez-vous notamment ces derniers mois avec la tenue à Alger, le 1er novembre 2022, du Sommet de la Ligue arabe, marqué particulièrement par la réconciliation actée des factions palestiniennes qui vont se rencontrer une nouvelle fois en Algérie pendant le mois en cours. Il y a eu également l’ambition officiellement déclarée d’intégrer le club des BRICS, qui comprend le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, et de tirer profit de «financements d’investissements lourds» notamment mais également pour des dividendes politiques en appartenant à un bloc géopolitique en quête d’influence. L’ambition de l’Algérie d’intégrer le groupe des BRICS a été favorablement accueillie par Moscou et Pékin.
En juillet dernier, le président Tebboune, avait affirmé que l’Algérie «s’intéresse aux BRICS en ce qu’ils constituent une puissance économique et politique». «L’adhésion à ce groupe mettrait l’Algérie, pays pionnier du non-alignement, à l’abri des tiraillements entre les deux pôles», avait-il assuré. n