La charte sur le partenariat sociétaire signée samedi dernier par le gouvernement et le patronat ne fait pas que des heureux. Les syndicats autonomes, regroupés sous le sigle de l’Intersyndicale, voient dans ce pacte un signe d’aggravation d’« une crise aiguë » mettant en « péril » les acquis sociaux des travailleurs.

« Le gouvernement, par cette décision, ne fait qu’appliquer son plan de travail, pensé et conçu selon une logique qui lui est propre. A savoir une logique qui ne prendra en considération ni les droits des travailleurs ni leurs revendications », a déploré Idir Achour, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). Le syndicaliste a qualifié même cette décision de « menace » qui pèse sur le secteur de l’éducation et celui de la santé, dont « la privatisation conduira à l’affaiblissement de leur situation actuelle déjà critique », a-t-il fait savoir. Le CLA a affirmé être entièrement opposé aux décisions de cette tripartite qui, sans surprise, a exclu les partenaires sociaux, dits autonomes.
« Le CLA est vraiment déçu de ne pas avoir pu organiser une action de protestation, car la date de la tripartite a coïncidé avec la tenue des congrès nationaux du CLA et du Cnapest, deux syndicats affiliés à l’Intersyndicale. Est-ce un hasard ? J’en doute fort », a-t-il conclu. De son côté, Meziane Meriane, président du Syndicat national autonome des professeurs d’enseignement secondaire et technique (Snapest), a déclaré craindre que le PPP ait le résultat contraire à celui voulu.
« Ce qui nous fait peur, ce n’est pas la privatisation en elle-même, mais plutôt l’évasion fiscale qu’elle va engendrer. Lorsque ces sociétés publiques seront privatisées, nous allons perdre de l’argent plutôt que d’en gagner. En privatisant, sachant pertinemment que l’on ne maîtrise ni les impôts ni l’évasion fiscale, ce sera de l’argent en moins pour les écoles, les actions sociales, etc. Nous sommes contre la privatisation du secteur public, car il permet de renflouer les caisses du Trésor public qui vient en aide aux couches défavorisées.
Nos craintes sont légitimes. Si l’on cède les entreprises publiques qui sont une source de financement du Trésor, cela voudra dire la fin de la solidarité », a déploré le syndicaliste. Concernant une éventuelle action de protestation contre le projet PPP, le syndicaliste s’est montré assez défaitiste. « On ne peut pas s’attaquer à une montagne. Mais si l’on décide d’être solidaires et travailler main dans la main avec les autres partenaires, là, je pense qu’il y aura moyen de faire quelque chose », a-t-il fait savoir.