Le Forum des chefs d’entreprise vient de demander à ses membres de communiquer à son secrétariat général leurs préoccupations à étudier lors de la tripartite.

Selon nos sources, c’est dans le cadre des travaux de préparation de la rencontre tripartite gouvernement-patronat-UGTA, qui se tiendra prochainement, que ces mêmes membres sont tenus de rapporter « dans les meilleurs délais» leurs préoccupations concernant certaines questions. Le FCE a demandé aux patrons de fournir leur « appréciation concernant l’évolution récente du climat des affaires dans notre pays ». Le deuxième point sur lequel insiste « plus particulièrement » le FCE est la situation des entreprises en matière d’accès au foncier industriel (délais de régularisation des concessions déjà obtenues, obtention de nouvelles concessions, difficultés rencontrées). Le FCE laisse le champ ouvert à ses membres pour soumettre « toute autre question » qu’ils souhaitent porter à la connaissance des pouvoirs publics. La réunion de la tripartite (gouvernement-patronat-UGTA) se tiendra en mars prochain en vue d’évaluer les mesures économiques prises par l’Etat, a annoncé dès décembre dernier le Premier ministre Abdelmalek Sellal. Invité d’une émission spéciale de la Télévision nationale, Abdelmalek Sellal avait indiqué que la 20e réunion de la tripartite sera consacrée à l’évaluation des mesures économiques prises par l’Etat ainsi qu’à l’examen de la situation économique du pays.
La dernière réunion de la tripartite, tenue en juin dernier, avait évoqué plusieurs dossiers dont le nouveau modèle économique, la mise en œuvre du pacte économique et social dans les domaines de l’investissement et de l’emploi et l’ajustement du régime de retraite.
Avec l’annonce du FCE, on sait désormais que le foncier va occuper une place importante lors du débat. Ali Haddad avait déjà annoncé, en 2015, que «le problème du foncier est en train d’être réglé définitivement». En revanche, concernant la récupération des terrains appartenant à des entreprises publiques et qui sont à l’abandon, le président du FCE avait dit à la presse que la question du foncier résiduel ne fera même pas l’objet de discussions. « Je ne veux pas qu’on touche aux biens des entreprises publiques.
On ne va jamais chercher à récupérer ces terrains publics et la question ne sera jamais posée », a-t-il confirmé. Même la vice-présidente du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Nacéra Haddad, avait manifesté son indignation par rapport aux contraintes foncières qui minent le secteur de l’entrepreneuriat en Algérie.
Elle avait plaidé, dès l’année dernière à la radio, pour une révision à la baisse des prix du foncier les qualifiant d’entraves à l’investissement, à la création de richesses et la génération d’emplois. Ce ne sont pas les disponibilités foncières qui sont mises en exergue comme barrière à l’affectation de sites aux projets de développement économiques, mais les prix des parcelles définies par les Directions des domaines des wilayas, selon, bien sûr, un barème réglementaire. Les patrons déplorent la résistance aux changements qui est néfaste à l’amélioration du climat des affaires.