Le président de la République a instruit, lors du dernier Conseil des ministres, le gouvernement à préparer pour les semaines à venir une tripartite gouvernement-syndicats-patronat. En attendant que l’ordre du jour de ce rendez-vous important soit dévoilé et de voir si les syndicats autonomes seront conviés ou exclus, ces derniers se positionnent déjà par rapport à cette échéance. Les organisations membres de la Confédération des syndicats algériens (CSA) affichent déjà la couleur par une série de déclarations et de revendications.
Dans le communiqué publié il y a deux jours, la CSA estime, en effet, qu’une tripartite sans la participation des syndicats autonomes «ne constituera pas une rupture» avec l’ancien système. Appelant ainsi à un dialogue inclusif, elle affirme être «convaincue que les dossiers ouverts avec les anciens gouvernements et qui sont restés sans suite ne seront pas résolus sans un cadre de dialogue social inclusif». Pour la confédération, qui insiste sur le contexte de crise économique et sanitaire actuel, «la tenue d’une tripartite sans associer les syndicats autonomes ne traduira aucune volonté de bâtir une nouvelle Algérie», allusion au slogan de l’Exécutif depuis la présidentielle de décembre dernier.
Pour ce qui est des dernières décisions du gouvernement, lors du dernier Conseil des ministres, la CSA estime que l’augmentation du SNMG est insuffisante et ne permet pas une évolution des salaires des travailleurs. Cette hausse de 2 000 DA «n’entraîne pas une évolution des salaires des travailleurs dans la mesure où elle profitera à ceux dont les salaires sont indexés sur le SNMG, c’est-à-dire les cadres supérieurs de l’Etat».
La Confédération juge urgent de réviser la politique salariale afin de garantir un équilibre du pouvoir d’achat et de préserver la dignité des salariés. Elle appelle également à repenser le système fiscal national et à le rendre plus «flexible» pour lutter contre l’évasion fiscale et améliorer le recouvrement.
Elle plaide également pour la création d’un «observatoire national du pouvoir d’achat et de l’indice de la cherté de la vie».
S’agissant de la crise sanitaire qui a contraint nombre de travailleurs au chômage technique, la CSA a tenu à manifester sa «solidarité» absolue avec tous les travailleurs touchés par le «chômage forcé», jugeant impératif pour le gouvernement de se pencher sur la question.