Prévue pour le 6 mars prochain, la 20e tripartite gouvernement-syndicats-patronat qui se tiendra à El Hadjar, Annaba, se fera pour l’heure sans les syndicats autonomes qui n’ont, jusque-là, pas été conviés à ce rendez-vous important consacré cette année à «l’évaluation des mesures économiques prises par l’Etat ainsi que l’examen de la situation économique du pays».

En effet, contrairement à la promesse faite par Mohamed El Ghazi, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, aux syndicats autonomes lors de leur dernière réunion ayant pour objectif d’ouvrir les portes du dialogue, les membres de l’Intersyndicale n’ont, pour l’instant, reçu aucune invitation à participer à cette rencontre réunissant le gouvernement, l’Union générale des travailleurs algériens et le patronat. «Pour l’instant, aucune partie ne s’est rapprochée de nous pour une éventuelle participation à la tripartite, alors que nous réclamons depuis longtemps d’être associé au débat et prendre connaissance du dossier bien avant le jour J, si toutefois nous sommes invités», nous a déclaré Meziane Meriane, président du Snapest. «Si nous ne sommes pas invités, il s’agira d’une longue série de promesses non tenues», renchérit-il. Mais dans le cas contraire, «et c’est ce que nous souhaitons», «ce sera l’occasion pour nous de soulever des préoccupations des ouvriers», a-t-il enchaîné, n’écartant pas l’éventualité de faire participer les syndicats autonomes comme simples observateurs. «Nous n’avons jamais été conviés à ce genre de réunion. Nous allons consulter l’ensemble des syndicats de l’Intersyndicale pour prendre la décision opportune.» Pour sa part, Idir Achour, porte-parole du Conseil des lycées d’Alger, nous a également affirmé n’avoir reçu aucune invitation pour prendre part à la tripartite comme promis par El Ghazi. «Encore une fois, le gouvernement nous a montré qu’il voulait instaurer un faux dialogue», a-t-il dénoncé d’emblée. Ajoutant : «S’ils nous invitent pour une participation réelle, cela est plus qu’intéressant pour les syndicats autonomes, mais s’il s’agit d’une participation formelle à titre d’observateurs, je peux vous garantir que nous n’y prendrons pas part.» Par ailleurs, et concernant l’opération de collecte de signatures de 50 parlementaires, initiée par l’Intersyndicale pour la saisie du Conseil constitutionnel concernant la réforme de la retraite, jugée «anticonstitutionnelle», Idir Achour nous a déclaré n’avoir eu pour l’instant que le soutien du Parti des travailleurs. Rappelons que l’Intersyndicale prévoit une marche nationale le 28 février prochain à Tizi Ouzou.