Le procès de l’ancien directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) Abdelghani Hamel, qui devait débuter hier au tribunal de Sidi M’Hamed, à Alger, a été reporté au 11 mars prochain à la demande de la défense quelques minutes à peine après son ouverture.

Les avocats de la défense ont expliqué la demande du report du procès pour motif de «consultation des documents du dossier» de cette affaire, dans laquelle sont accusés, outre l’ex-directeur général de la DGSN, son épouse ainsi que ses quatre enfants. La défense a également sollicité la programmation du procès en «audience spéciale».
Abdelghani Hamel est en détention provisoire à la prison d’El-Harrach depuis le mois de juillet 2019 pour des affaires liées au «détournement du foncier», «blanchiment d’argent», «incitation d’agents publics au trafic d’influence pour obtention d’indus avantages», «non-déclaration de patrimoine et «enrichissement illicite». Deux de ses fils sont également en détention provisoire au niveau de la même prison, tandis que son épouse et sa fille sont placées sous contrôle judiciaire par la même juridiction. On notera que c’est la première affaire concernant l’ancien DGSN qui devait être jugée, puisque trois autres sont toujours en cours.
Le procès reporté au 11 mars a trait aux biens appartenant à la famille Hamel, que ce soit ceux détenus en son nom ou ceux inscrits au nom de son épouse et de ses enfants. En tout, pas moins de quatorze personnes seront jugées dans cette affaire car outre l’ancien DGSN, son épouse et ses quatre enfants, il y a lieu de citer huit autres accusés, dont des fonctionnaires, comme l’ancien Directeur général de l’OPGI d’Hussein Dey ou encore l’ancien directeur des Domaines de Boumerdès, ainsi qu’un promoteur immobilier. Il s’agit également du procès d’une dizaine de sociétés de la famille Hamel qui devront être jugées en tant que personnes morales. Les chefs d’inculpation retenus dans ce dossier sont des délits de «blanchiment d’argent», d’«incitation d’agents publics pour l’obtention d’indus avantages», de «non-déclaration de patrimoine» et d’«enrichissement illicite».
Parmi les personnes qui devaient se présenter, hier, en tant que témoins dans l’affaire Hamel, il y a lieu de relever de «grosses pointures» car ayant également occupé de hautes responsabilités au sein de l’Etat. Il s’agit de l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, des anciens walis de Chlef et d’Oran, respectivement Mohamed Ghazi et Abdelmalek Boudiaf -qui avaient tous deux occupé des postes de ministre après avoir été walis, et de l’ancien ministre des Travaux publics, Abdelghani Zaâlane qui, lui aussi, avait été wali d’Oran. L’ensemble de ces anciens hauts responsables sont actuellement à la prison d’El Harrach en attente d’être jugés dans d’autres affaires.
L’ancien directeur général de la DGSN est loin d’en avoir finir avec les affaires de justice. Un autre procès est, en effet, programmé pour le 27 du mois en cours à Blida, tandis que les instructions sont toujours en cours pour deux autres affaires.
Abdelghani Hamel avait comparu, rappelle-t-on, au début de mai 2019, devant le Procureur de la République près dudit tribunal, où son audition avait été programmée dans le cadre de l’affaire de «tentative d’introduction de 701 kg de cocaïne
au port d’Oran». Une affaire au centre de laquelle se trouve le tristement célèbre Kamel Chikhi, dit « El Bouchi », un magnat de l’immobilier à Alger.
Il avait été également auditionné, à la fin d’avril de la même année, par le juge d’instruction près le tribunal de Tipasa dans le cadre des enquêtes ouvertes sur des affaires relatives à des «activités illégales» et «trafic d’influence». C’est cette affaire qui sera jugée le 27 février prochain, son instruction ayant été achevée par le tribunal de Boufarik. L’ex-patron de la Sûreté nationale devra comparaître avec l’ancien chef de la Sûreté de wilaya d’Alger, Noureddine Berrachedi, pour les délits de «trafic d’influence» et «abus de fonction».