C’est aujourd’hui que sera rendu le verdict dans le procès du militant politique Karim Tabbou, qui a comparu la semaine passée devant le juge du Tribunal de Koléa (Tipasa) qui a requis une peine de 3 ans de prison ferme contre l’accusé.
Dans cette affaire sur laquelle se penche la juridiction de Tipasa, Tabbou a été arrêté le 11 septembre 2019 pour le chef d’accusation «d’atteinte au moral de l’armée», avant qu’il ne soit remis en liberté le 25 du même mois.
Son collectif a tenté, à plusieurs reprises, d’arracher la levée de cette mesure de contrôle judiciaire, mais sans succès, y compris lors du procès mardi dernier après avoir été reporté à 7 reprises.
A l’entame de ce procès, le représentant du Parquet a souligné que les déclarations de Tabbou, en mai 2019, pour lesquelles il est poursuivi, «étaient dangereuses et destinées à l’opinion publique nationale avec toutes ses composantes, dans un contexte politique sensible traversé par l’Algérie». Ajoutant que «le procès et le réquisitoire sont fondés sur des faits dangereux, loin de toute surenchère». «J’accepte toutes les accusations à l’exception de l’atteinte à la défense nationale, menace de l’unité nationale et atteinte au moral de l’armée», a répondu Tabbou au juge, déclarant qu’en tant que «militant politique, je me fixe des limites morales dont notamment le principe de ne pas toucher à l’institution militaire qui est comme une couronne sur nos têtes».
Un des membres du collectif d’avocats a estimé, pour sa part, que «les chefs d’inculpation sont des stéréotypes aussi iniques qu’injustes qui s’inscrivent en droite ligne des procès staliniens qui nous rappellent, à bien des égards, les procès politiques qui ont ciblé au temps du parti unique de nombreux patriotes et opposants du régime». De son côté, la présidente de la chambre correctionnelle du Tribunal de Koléa a déclaré, que «le procès d’aujourd’hui fait office de dernière instruction judiciaire avant la prononciation du verdict», déclarant «rejeter» la requête de la défense relative à la nullité des mesures. Elle a annoncé, en revanche, avoir accepté la requête relative à la non-constitutionnalité des articles 74 et 79 du code de procédures pénales sur lesquels s’est appuyé le Parquet pour poursuivre Karim Tabou, avant son interrogatoire et la vérification de ses déclarations consignées dans l’acte de renvoi émis par la chambre d’accusation.
Pour rappel, le juge d’instruction du Tribunal de Koléa a ordonné, le 11 septembre 2019, le placement en détention provisoire de Karim Tabou. La chambre d’accusation de la Cour de Tipasa avait décidé le 25 septembre 2019 de placer l’accusé sous contrôle judiciaire. Mais Tabbou a été poursuivi également dans une autre affaire et dans laquelle il a été condamné par la Cour d’Alger à une année de prison dont six mois fermes lors d’un procès tenu le 11 mars dernier.
La peine a été néanmoins aggravée lors du procès en appel le 24 mars à la Cour du Ruisseau dans un procès dénoncé par les avocats. Il a bénéficié, par la suite, précisément la veille de la célébration de la fête d’Indépendance, d’une remise en liberté à la demande de ses avocats. Une remise en liberté suivie de la précision de la Cour d’Alger. «Pour Karim Tabbou, la chambre correctionnelle près la Cour d’Alger, statuant sur la demande de son avocat, a ordonné sa mise en liberté provisoire».
Quel verdict aujourd’hui à partir de la juridiction de Koléa ? Les milieux politiques et militants guettent une bonne nouvelle. Wait and see… <