La trésorerie de l’Etat était sous pression durant l’exercice 2018. En témoignent les chiffres révélés par le Directeur général du Trésor public Fayçal Tadinit, lors d’une audience devant la Commission des finances de l’Assemblée populaire nationale (APN) consacrée au débat de la loi de règlement budgétaire pour l’exercice 2018. A cette occasion, le Directeur général a expliqué que l’état du solde global du Trésor pour l’exercice 2018 avait enregistré la mise en œuvre des opérations de recettes et de 1 590 DA de dépenses avec un solde global débiteur de 1 833 milliards DA, soit 9,05 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui signifie une augmentation du déficit d’une valeur de 243 milliards par rapport à 2017. En clair, le Trésor a accusé un déficit de 1 590 milliards DA, soit 8,56% du PIB. En revanche, les dépenses budgétaires ont enregistré une hausse de 449 milliards DA en 2018, par rapport à 2017, tandis que les interventions financières du Trésor ont enregistré un solde débiteur estimé à 517 milliards DA en 2018, contre un solde débiteur s’élevant à 390 milliards DA en 2017, a-t-il ajouté. Concernant les recettes budgétaires, elles n’ont pas augmenté avec le même niveau, atteignant 341 milliards DA, alors qu’en matière d’exécution des dépenses à la fin décembre 2018, les dépenses budgétaires ont enregistré un montant de 7 732 milliards DA contre 7 282 milliards DA en 2017, avec une augmentation des dépenses d’équipement s’élevant à 2 918 milliards DA, contre 2 605 milliards DA en 2017, a détaillé le même responsable. Quant aux dépenses en capital (Capex) elles sont passées de 63 milliards DA en 2017 à 528 milliards DA en 2018 en raison du versement de 500 milliards DA pour financer le déficit de la Caisse nationale des retraites (CNR). A propos des dépenses de fonctionnement, le Directeur général a rapporté qu’elles ont enregistré une nette hausse de 136 milliards de DA, la grande partie constituant la prise en charge relative à la réduction du taux d’intérêt pour les banques et les institutions financières, de 192 milliards de DA en 2018 contre 59 milliards de DA en 2017. Le Directeur général a indiqué, par ailleurs, que durant l’exercice 2018, les comptes d’affectation spéciale des crédits et des facilitations ont affiché un solde de 517 milliards de DA contre 390 milliards de DA en 2017. Comme il a fait savoir que le Trésor a accordé des crédits d’une valeur de 533 milliards de DA, dont 61 milliards de DA au titre des licences de la pharmacie centrale, 102 milliards de DA pour la réalisation de l’Autoroute est-ouest et 320 milliards de DA pour le financement des projets AADL via le Fonds national d’investissement (FNI). Au registre des recettes budgétaires réalisées en 2018 elles ont atteint 6 389 milliards de DA, soit une hausse de 341 milliards de DA par rapport à 2017 (6 047 milliards de DA), due à l’augmentation des recettes fiscales de 81 milliards de DA et des recettes de la fiscalité pétrolière de 2 349 milliards de DA, contre 2 126 milliards de DA en 2017 soit une hausse de 222 milliards de DA. La hausse enregistrée en 2018 est due à l’augmentation des prix du pétrole, la moyenne du prix annuel étant de 71 USD/baril contre 53 USD/baril en 2017. La loi de finances 2018 avait prévu le prix référentiel du baril de pétrole à 50 USD.
Ces hausses s’expliquent par l’augmentation des recettes exceptionnelles de 119 milliards de DA par rapport à 2017 grâce aux bénéfices de la Banque d’Algérie payés au Trésor, estimés à 1 000 milliards de DA en 2018 contre 919 milliards de DA en 2017, ainsi que les bénéfices de Sonatrach au profit du Trésor public passant de 50 milliards de DA en 2017 à 100 milliards de DA en 2018, a détaillé le même responsable.
Concernant le financement du déficit du Trésor en 2018, il a été procédé à partir des ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR) à la déduction de 131,9 milliards de DA et au recours à l’endettement public de 2 495 milliards de DA. Selon le même responsable, l’endettement public a atteint un total de 7 697 milliards de DA au 31 décembre 2018, soit 38 % du PIB de l’année en question (7 558 milliards de DA au titre de la dette intérieure et 139 milliards de DA au titre de la dette extérieure).
On retiendra donc, à travers ce bilan, que les principaux «challenges» en matière d’opérations du Trésor concernent notamment le financement du déficit de la CNR (500 mds de DA/an) et la dotation octroyée au Fonds national d’investissement (FNI), estimée à 500 mds de DA/an, pour assurer la continuité du financement de projets d’investissement. n