Selon un bilan de la Direction générale de la Protection civile (DGPC), hier, 33 personnes ont trouvé la mort et 492 autres ont été blessées dans des accidents de la circulation. Cet inventaire macabre concerne les journées de vendredi et samedi avec un pic enregistré dans le Constantinois où 18 personnes ont péri dont 9 carbonisées, alors que 13 autres ont été plus ou moins grièvement blessées.

Par Selma Allane
Le drame provoqué par une collision entre un véhicule lourd et un autre de transport en commun en provenance d’Adrar s’est produit en fin de journée du vendredi au lieu-dit Oued Ouarzeg dans la commune de Beni Hmidane sur la RN 27 reliant Constantine à Jijel.
D’après le décompte de la Protection civile, l’accident qui s’est produit également le vendredi 9 juillet à Bordj Badji-Mokhtar, dans l’extrême sud du pays, en raison de la mauvaise visibilité, semble-t-il, a fait 9 morts après le choc entre un véhicule tout-terrain et un camion. Un autre sinistre du même genre a fait durant la même journée 2 morts et 12 blessés après qu’un transport de voyageurs a heurté violemment un véhicule léger à 25 km d’In-Mguel sur la RN 1 dans la région de Tamanrasset. Un camion de gros tonnage faisait partie du théâtre de l’accident, selon les pompiers de la Protection civile qui ont précisé que les personnes tuées avaient la trentaine ans et que parmi les blessés il y a un nourrisson de 6 mois. Dans la région de Aïn Defla dans le Centre une personne est décédée et trois autres blessées, sur le tronçon de l’autoroute Est-Ouest, à proximité du lieu-dit Ouled El Mahdi dans la commune de Hoceinia lorsqu’un véhicule touristique a percuté de plein fouet un camion, causant le décès d’une personne âgée de 30 ans et des blessures plus ou moins graves à 3 autres, âgées entre 20 et 28 ans, a indiqué la Protection civile. A Djelfa, commune de Medjabra, située à 20 km du chef-lieu de wilaya, 2 personnes sont décédées et 3 autres blessées. A Saïda, une personne est morte dans la nuit de jeudi à vendredi dans un grave accident de la circulation survenu suite à une violente collision entre une motocyclette et un camion dans la commune de Aïn Lahdjar.
Ce bilan inquiète la Protection civile alors que l’été, synonyme d’un nombre élevé d’accidents de la route, n’est qu’à ses débuts. Jeudi, 8 juillet, la Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR) a dressé le bilan de 1 300 décès et de 13 600 blessés dans 10 292 accidents à l’échelle nationale durant les cinq premiers mois de 2021. Comparé aux années précédentes, le chiffre de mortalité est en baisse et le nombre de vies sauvées en termes statistiques ne cesse d’augmenter depuis une dizaine d’années, avec le durcissement du dispositif juridique avec la promulgation de la loi de juillet 2009 modifiant et complétant celle d’août 2001 sur l’organisation, la sécurité et la police de la circulation routière. Mais les routes algériennes restent dangereuses avec un taux d’accidentologie élevé.

Code de la route et irresponsabilité meurtrière
Les raisons sont multiples et l’une d’elles concerne la mobilité de plus en plus importante et de plus en plus marquée des Algériens qui, chaque année, sont de plus en plus nombreux à acquérir des moyens de locomotion comme les véhicules de tourisme et les deux-roues. Le nombre de véhicules accroît également les risques d’accident, en particulier dans les zones urbaines et périurbaines. Cela devient plus vrai quand on sait que le nombre de véhicules roulant dans une grande partie du pays sont des véhicules vieillissants et donc à risques, notamment les poids lourds et les transports collectifs. Les véhicules de transport de marchandises sont davantage frappés par le vieillissement. Mais la donne la plus importante, selon les rapports des services de police routière (police et gendarmerie) et de la protection civile, reste le non-respect du code de la route et des règles de conduite ainsi que l’excès de vitesse.
Sur ce point, il suffit de regarder les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux pour se rendre compte de l’irresponsabilité meurtrière de certains usagers de la route, circulant à tombeau ouvert et mettant en danger la vie d’autrui. Selon les statistiques, l’être humain est le premier facteur d’accidents avec plus de 96% du nombre d’accidents constatés (24 048), selon une étude universitaire publiée en 2017 et qui date déjà. Les accidents se produisent à cause de l’excès de vitesse, de l’inattention ou de la baisse de vigilance des conducteurs, des dépassements dangereux et du non-respect du code de la route et des règles de la circulation. L’âge du conducteur et l’état du véhicule sont également classés comme des causes d’accident dont beaucoup sont liés à la conduite imprudente, voire criminelle, de certains jeunes, aux pneumatiques défectueux, aux défauts mécaniques et au freinage défectueux. L’état des routes est aussi un facteur d’insécurité routière, autant d’éléments qui incitent à un diagnostic renouvelé, notamment en matière d’infrastructure et d’aménagement du territoire et à des mesures plus drastiques de sécurisation du trafic routier dans notre pays.