Le ministre des Finances Aymane Benabderrahmane a annoncé à l’adresse des chefs d’entreprises publiques et privées, activant dans le domaine des travaux publics visant à concourir à des appels d’offres à l’étranger, que des facilités leur seront accordées, entre autres la levée de certaines taxes comme il a promis de mettre fin aux entraves qu’ils rencontrent dans leurs démarches.

C’était lors de son intervention à l’occasion d’une rencontre nationale sur le potentiel à l’export du secteur algérien des travaux publics, organisée hier samedi à Alger par l’Association routière algérienne (Aral) en partenariat avec le ministère des Travaux public. Ce dernier, qui se prononçait après l’intervention du ministre des TP Farouk Chiali et président de l’Aral, suivie de la lecture de la lettre du Premier ministre Abdelaziz Djerad, qui parraine l’événement, a rappelé à l’assistance que son département va se mobiliser «pour vous accompagner dans votre démarche comme l’a instruit le chef de l’Etat». Ajoutant dans ce sens que le gouvernement est décidé d’assurer tout son soutien «afin d’encourager les exportations hors hydrocarbures notamment dans les secteurs d’activité à fort potentiel à l’export comme c’est le cas dans le secteur des TP où de nombreuses entreprises sont en mesure de percer», a indiqué le ministre des Finances. Et de rappeler enfin que la seule facture des services importés «s’est élevée, en 2019, à hauteur de 12 milliards de dollars dont on peut rabaisser avec votre volonté de valoriser vos compétences à l’étranger et faire ainsi gonfler quelque peu nos recettes extérieures en net recul ces dernières années. D’autant plus que le Chef de l’Etat ne cesse de marteler qu’il faut sortir de notre trop grande dépendance aux recettes d’exportations d’hydrocarbures».
Pour sa part, Farouk Chiali a révélé lors de son allocution que «nos entreprises et bureaux d’études ont démontré, à travers tous les ouvrages qu’elles ont réalisés, le niveau de compétence qu’ils ont atteint chacun dans leur cœur de métier. «Les exemples se comptent par centaines», argue-t-il. Poursuivant dans ce sens : «L’expérience qu’ils ont acquise sont un véritable stimulant pour s’engager à soumissionner aux avis d’appels d’offres étrangers d’autant plus que le gouvernement s’engage à les accompagner dans cette perspective.» En somme, pour le ministre des Travaux publics «nos entreprises sont prêtes à soumissionner sans complexe et sans crainte», a-t-il conclu.
De son côté, le secrétaire général de l’Aral, Abdelhamid Frioui, a témoigné aux responsables des institutions, parties prenantes dans l’acte d’exporter, que l’Aral est arrivée à la conclusion que les entreprises du domaine des travaux publics disposent de suffisamment d’expérience pour concourir à des avis d’appels d’offres à l’étranger. Autrement dit, «les entreprises développent une grande capacité de management et disposent de matériels récents. Ces agrégats de gestion, tous au vert, les placent dans une situation confortable pour remplir les conditions d’appels d’offres étrangers», a expliqué le secrétaire général. Or, selon ce dernier, «quand bien même les bureaux d’études et les entreprises sont les premiers acteurs dans le segment de l’export, il n’en demeure pas moins que l’environnement joue un rôle important pour sa réussite». Sur ce dernier point, Frioui estime que «les procédures bancaires et d’assurances méritent d’être précisées et mises en place car il s’agit dans le cadre de l’export de mouvements de personnes et de matériels. Et donc il y a tout lieu d’encadrer ces deux facteurs et de prévoir leur soutien consulaire». Ce dernier a, par ailleurs, avancé : «Il demeure indiqué que des instruments institutionnels de suivi et d’encadrement de l’activité export soient mis en place faute de quoi les entreprises se retrouveraient dans des situations difficiles freinant ainsi l’exécution de leur marché. Ce qui pourrait donner une mauvaise image de l’entreprise chez le maître d’œuvre», craint-il enfin.
Soulignons qu’au programme de cette rencontre, il a été présenté deux rapports. L’un portant sur l’étude et analyse des contraintes liées aux exportations dans le secteur des travaux publics, enrichies par des propositions et des solutions venant de l’auteur de l’étude, Abdenour Abtroum, expert indépendant. Quant à la deuxième présentation elle a porté sur le potentiel à l’export du secteur public des travaux publics et dont ont pris par les PDG des entreprises, Geiga, Gitra et Gitrama.

Khouref Boualem, PDG du Groupe Gitrama : «Nous sommes optimistes après les engagements de faire sauter tous les verrous»
«Nous croyons à nos chances de remporter un marché pour commencer, car nous remplissons les conditions inscrites dans le cahier des charges. Restera à savoir si les volets administratif, bancaire et douanier vont suivre. Car il s’agit pour nous de déplacer tout un personnel et des engins, ce qui demande nécessairement des autorisations, et d’accéder à des liquidités sur place. Les institutions concernées seront-elles à même d’accélérer les procédures car c’est tout l’enjeu ? Aujourd’hui, nous restons optimistes après les engagements du ministre des Finances de faire sauter tous les verrous dans l’acte d’exporter.»

Ali Bey Nasri, président de l’Anexal : «Il faut créer un consortium de banques»
«C’est toujours la même entrave qui se pose avec plus d’acuité aux exportateurs, celle de pouvoir disposer de finances sur les marchés extérieurs où ils sont présents notamment chez nos voisins africains. Ce qui demeure fort regrettable, c’est que la problématique ne date pas d’hier. Au Maroc, on a compris que pour gagner des marchés en Afrique, il faut que les exportateurs ou sociétés exportatrices disposent d’une banque sur place dédiée à la gestion financière de leurs activités. Qu’est-ce que nous attendons pour faire de même ? Pour ma part, l’idée la plus indiquée pour faire accélérer les exportations serait de créer un consortium de banques, histoire de se partager la tâche et par voie de conséquence être au service de l’opérateur exportateur. Il suffit pour cela d’un personnel qualifié dans le domaine et surtout de la volonté !»