Le ministre des Travaux publics, Abdelghani Zaâlane, a donné hier un chiffre étourdissant concernant l’investissement national dans le secteur.

L’Etat a mobilisé un montant global de 90 milliards de dollars depuis 1999, soit 9 000 milliards de dinars, a-t-il déclaré hier à Alger, à la 2e édition du Symposium international sur la logistique, le transit et l’entreposage des marchandises. «Ces ressources financières ont notamment permis la réalisation d’une autoroute de 1 216 km, dont le dernier tronçon reliant El Tarf aux frontières algéro-tunisiennes, a été lancé récemment», a rappelé le responsable.
En ajoutant que cette enveloppe budgétaire a également été consacrée à la réalisation de sept pénétrantes reliant les principaux ports du pays à l’Autoroute Est-Ouest, la réalisation de milliers de kilomètres de routes et de centaines d’ouvrages d’art ainsi qu’à l’entretien du patrimoine routier par des actions de modernisation et de sauvegarde de milliers de kilomètres de route. Le renforcement du maillage du réseau routier dans les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux, les travaux de contournement des grandes villes et la réalisation d’un vaste programme de trémies, d’ouvrages d’art et d’échangeurs pour atténuer la congestion dans les grands centres urbains sont aussi parmi les projets concernés par ces financements, a poursuivi le ministre.
Il a également cité le programme d’infrastructures routières et aéroportuaires de soutien à la sécurisation des frontières terrestres du sud du pays, le programme en cours pour un linéaire de 2 300 km de voies ferrées et l’entretien et la modernisation du réseau ferroviaire actuel d’une longueur de 4 000 kilomètres. Le chiffre donné par le ministre des Travaux publics rappelle une période – celui de la décennie 1999-2009- que les observateurs du secteur considèrent comme l’âge d’or des grands projets d’infrastructure, une période qui s’est poursuivie jusqu’au tournant de l’été 2014 lorsque les prix du brut ont commencé à baisser drastiquement pour osciller aujourd’hui autour des 60 dollars.
A ce sujet, Abdelghani Zaâlane a rappelé en novembre dernier, que le gel, qui a duré trois ans, sera levé et le secteur des travaux publics verra le lancement de nouveaux projets. En effet, le nouveau projet de loi de finances (PLF), actuellement aux mains des sénateurs du Conseil de la nation, a attribué à ce secteur un budget équipement qui s’élève à 380,76 milliards DA, contre 62,69 milliards DA en 2017, soit une hausse de 507%, a indiqué M.Zaâlane devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), dans le cadre de l’examen du PLF 2018. «Grâce à la loi de finances 2018, nous pouvons dire que le secteur a dépassé la zone de turbulences», a-t-il relevé. Il a indiqué que les nouveaux projets inscrits portent sur la réalisation, pour une enveloppe de 150 milliards DA, de la première tranche du port du centre (Cherchell) et sa connexion au réseau routier et ferroviaire, avec tous les équipements et dépendances, à l’image des zones industrielles et des plateformes logistiques.
En outre, une enveloppe de 65 milliards DA est prévue pour l’entretien de 500 km de routes nationales, l’Autoroute est-ouest ainsi que l’entretien des ports et aéroports, le renforcement des ponts métalliques et la réhabilitation de la voie ferrée. Au titre développement des régions enclavées au nord et au sud du pays, une enveloppe de 28 milliards DA est réservée à la réalisation et au renforcement des projets de dédoublement et de réhabilitation des routes. Par ailleurs, un montant de 6,5 milliards DA a été alloué à la mise en œuvre de la deuxième phase du système de régulation du trafic routier à Alger visant à désengorger la circulation routière et améliorer les conditions de transport au niveau de la capitale.