Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Tidjani Hassan Haddam, a annoncé, jeudi à Alger, que les dispositions de la loi relative aux modalités d’exercice du droit syndical seront révisées et enrichies avec l’implication des organisations syndicales. «La révision de cette loi consistera notamment en l’amendement des dispositions relatives à la création de fédérations», a précisé le ministre, lors d’une rencontre avec les représentants d’organisations syndicales. Il s’agit de «renforcer les dispositions relatives à la protection des délégués syndicaux» à travers l’implication des organisations syndicales sans exclusion aucune pour l’enrichissement du projet d’amendement en question. Dans ce sens, le responsable a tenu à réitérer son engagement à «impliquer les organisations syndicales sans exclusion aucune dans les débats qui seront initiés par le secteur, particulièrement la contribution au débat autour du système de sécurité sociale ainsi que le dossier de la retraite, et ce avec l’intervention des chercheurs et experts, tout en insufflant une nouvelle dynamique au dialogue social». «Œuvrer en concertation avec tous les partenaires sans aucune exclusion est une conviction personnelle avant d’être un engagement et un devoir professionnels», a-t-il affirmé, estimant que la «concertation entre le Gouvernement et ses partenaires socio-économiques marquera le début d’une nouvelle ère de dialogue constructif en faveur de l’intérêt général». Précisant que les organisations syndicales «devraient constituer une force de proposition active», le ministre a mis en avant l’impératif de convertir les idées et les propositions issues du débat en une feuille de route pratique». Il a aussi assuré qu’il œuvrera à «garantir l’exercice libre du droit syndical, à commencer par la transparence et l’accélération du traitement ou l’actualisation des dossiers d’inscription des organisations syndicales, outre l’attribution de subventions financières selon les affectations consacrées au secteur, conformément aux dispositions législatives et réglementaires».
Les syndicats autonomes boycottent
Cependant, les syndicats autonomes ne semblent pas très enthousiastes face aux déclarations du premier responsable du secteur. C’est le cas de la Confédération des syndicats algériens, qui a rendu public un communiqué dans lequel elle avait annoncé le boycott de ladite réunion qui a eu lieu jeudi dernier. «La Confédération des syndicats algériens, et en ces temps sensibles, a reçu une correspondance, le 20 juin dernier, en provenance du ministère du Travail la conviant à une réunion de travail et de débat. Mais compte tenu des circonstances, nous réitérons notre engagement à une rupture totale avec le gouvernement actuel ainsi que le ministre du Travail que nous considérons comme illégitimes et ne représentant guère la volonté du peuple», rapporte le document. Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat algérien des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), affilié à la CSA, a, pour sa part, estimé qu’il s’agissait d’un «non évènement» face au climat de crise qui règne dans le pays. «Ce n’est que de la poudre aux yeux, une tentative de gagner la sympathie des syndicats.
L’heure est à la résistance et au départ du système et non à la promulgation de textes de lois. Il y a une erreur de timing, réglons d’abord la crise politique puis allons vers d’autres points», a-t-il déclaré.n