Par Bouzid Chalabi
Face à un pouvoir d’achat qui s’érode de jour en jour, une simple rentrée d’argent supplémentaire chez une grande catégorie de nos retraités est synonyme de bouffée d’oxygène ou du moins de rendre moins pénible la durée entre deux versements d’allocation retraite. Ce sera effectivement le cas dès lors où le nouveau barème relatif au calcul de l’Impôt sur le revenu global (IRG) a été rendu effectif à partir du 1er janvier 2022.
Selon la Caisse nationale des retraites (CNR), qui rapporte l’information reprise hier par l’Agence de presse algérienne (APS), sont concernés par le nouveau barème tous les retraités dont le revenu brut dépasse les 30 000 DA. La CNR rappelle, par ailleurs, dans son communiqué à l’adresse de l’ensemble de ses affiliés, que ce nouveau dispositif vient en application de l’article 31 de la loi de finances 2022 dans son volet relatif au calcul de l’impôt sur le revenu global de la catégorie des retraités, dont le revenu global brut dépasse trente mille dinars algériens (30 000 DA). La Caisse nationale des retraites tient à informer ses affiliés de la mise en application du nouveau barème et que «l’opération du versement du reliquat du mois de janvier 2022 a été effectuée dimanche 6 février 2022, sachant que la pension du mois de février sera versée selon le nouveau barème», précise cette même source.
II va sans dire que suite à ce communiqué de la CNR, de nombreuses agences ont connu dès leur ouverture, hier lundi, une affluence record de retraités tous venu dans le même objectif, celui de savoir le montant exact du rabattement dont ils ont pu bénéficier à travers le nouveau barème de l’IRG. Pour Ahmed, cet ancien administrateur communal rencontré par Reporters, faisant l’appoint au niveau de l’agence CNR de Bachdjarah, il n’a pas caché son empressement à savoir le montant exact de sa nouvelle allocation de retraite.
«Histoire de me préparer à transcrire sur mon prochain chèque le nouveau chiffre après tant d’années sans changement à la hausse palpable de mon revenu». De son côté, Brahim, qui a à son actif 32 ans de travail comme responsable de parc dans une entreprise de travaux publics, et 4 adolescents à sa charge, interpellé, également, par nos soins au niveau de l’agence, est lui aussi pressé de savoir quel sera le nouveau montant de sa retraite. Non sans lâcher : «Je sais que ce n’est pas grand-chose comme apport financier, mais avec la cherté des produits à la consommation cela va nous permettre de souffler un peu. Si auparavant, au bout de la troisième semaine de perception de mon allocution, il ne me reste pratiquement plus rien, avec ce plus, il me sera moins difficile de joindre les deux bouts à condition que les prix à la consommation et mes charges fixes ne connaissent pas de hausse.»
Tout compte fait, les retraités se disent qu’avec ce qu’ils vont bénéficier ne va pas changer grand-chose à leur train de vie, dominé certes par des privations sans cesse croissantes au regard de la tendance à la hausse actuelle des prix à la consommation.
En définitive, ce n’est qu’une infime amélioration qui pourrait se dissiper assez vite.