Le travail des enfants a baissé de 38% ces dix dernières années, cependant plus de152 millions d’enfants sont encore touchés par ce phénomène, a alerté l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans un communiqué publié vendredi sur son site web. La pandémie du Covid 19 a considérablement aggravé la situation. Toutefois, il est possible de renverser la tendance en agissant de façon concertée et de manière décisive, a souligné l’OIT à l’occasion du lancement officielle de l’Année internationale de l’élimination du travail des enfants prévu le 21 janvier. L’Année internationale de l’élimination du travail des enfants préparera le terrain à la 5e Conférence mondiale sur le travail des enfants qui aura lieu en 2022 en Afrique du Sud. Ce sera l’occasion pour toutes les parties prenantes de partager leurs expériences et de prendre des engagements complémentaires pour mettre un terme au travail des enfants sous toutes ses formes d’ici 2025, et au travail forcé, à la traite des êtres humains et à l’esclavage moderne d’ici 2030, a assuré le communiqué. «Durant ces vingt dernières années, près de 100 millions d’enfants ont été retirés du travail des enfants, toutefois, les progrès sont inégaux selon les régions», note le directeur général de l’OIT Guy Ryder, cité dans le communiqué. Chiffre à l’appui, il affirme que près de la moitié des cas de travail des enfants sont recensés en Afrique (72 millions d’enfants), suivie par l’Asie et le Pacifique (62 millions). Il précise que 70 % de ces enfants travaillent dans l’agriculture, essentiellement dans l’agriculture vivrière et commerciale, ainsi que dans l’élevage de bétail. Près de la moitié de ces enfants exercent leur activité dans des métiers ou des situations considérés comme dangereux pour leur santé et pour leur vie, prévient le premier responsable de l’OIT. L’institution onusienne a fait constater que la crise du COVID-19 a augmenté le niveau de pauvreté de ces populations qui étaient déjà vulnérables, et elle pourrait bien entraîner un retour en arrière en matière de progrès accomplis dans la lutte contre le travail des enfants. «La fermeture des écoles a également aggravé la situation et plusieurs millions d’enfants travaillent afin de contribuer au revenu familial», a-t-elle poursuivi. La pandémie a aussi rendu les femmes, les hommes et les enfants plus vulnérables aux situations d’exploitation. Le communiqué précis que dans cette mission de lutte contre le travail des enfants, l’OIT est partenaire de l’Alliance 8.7, un partenariat mondial ayant pour objectif d’éradiquer à travers le monde le travail forcé, l’esclavage moderne, la traite des êtres humains et le travail des enfants, comme le stipulent les Objectifs de développement durable de 2030.