Le Président de la République M. Abdelmadjid Tebboune a fait savoir, dimanche, lors d’un débat télévisé avec des représentants de la presse, qu’il avait désigné son conseiller, chargé des archives nationales et de la mémoire nationale, Abdelmadjid Chikhi, pour mener le travail en cours avec l’Etat français sur laes dossiers inhérents à la mémoire nationale et à la récupération des archives nationales.
Abdelmadjid Tebboune avait précisé, le 13 juillet dernier, dans un entretien au quotidien français l’Opinion, que le président français Emmanuel Macron avait, de son côté, choisi l’historien Benjamin Stora : «(Il) a été nommé pour accomplir ce travail mémoriel du côté français. Il est sincère et connaît l’Algérie et son histoire.»
La commission mixte placée «sous la tutelle des deux présidents» a pour mission de rouvrir et d’étudier certains des dossiers les plus sensibles de l’Histoire commune. Ce travail devra se faire «de façon normale», a précisé le chef de l’Etat, «les choses sont devenues presque claires et sans crispation aucune». Ajoutant que la désignation d’Abdelmadjid Chikhi avait été décidée du fait de son expérience au poste de Directeur général des Archives nationales. La nomination de l’historien Benjamin Stora est pour Abdelmadjid Tebboune le signe «de la facilitation des choses en vue de sortir de la crispation politique et de l’exploitation politicienne». Quant aux questions qui seront mises sur la table, il s’agira notamment du dossier des essais nucléaires dans le Sahara de 1960 à 1966. Un épisode tragique, qui s’est prolongé bien au-delà de l’Indépendance, causant de nombreuses victimes, qui réclament encore réparation. La commission devra également se pencher sur la possibilité de restitution des archives algériennes conservées en France, d’autant que cette question, qui avait été officiellement abordée par les deux pays dès 2009, lors d’une rencontre des directeurs des archives, français et algériens, mais ne concernant toutefois que l’échange de copies, selon les informations qui avait filtré. A ce titre, le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum a fait savoir, le 11 juillet dernier, que l’Algérie demanderait également l’identification et la restitution des restes des combattants encore conservés en France «dans des musées et chez des particuliers». Le diplomate ajoutant, au détour d’une phrase, que la partie française avait pour sa part exprimé plusieurs demandes, notamment en ce qui concerne le sort des disparus français en Algérie «avant, mais surtout après le référendum» de juillet 1962, un épisode encore peu connu en Algérie.
Des déclarations attribuées ces derniers jours à l’historien Benjamin Stora ont, également, laissé entendre que ce travail ne se fera qu’à distance par les politiques. La tâche de l’historien, au moins du côté français, serait de «conseiller» la présidence. Histoire commune, dont l’étude «dans la vérité, la sérénité et l’apaisement» selon Abdelmadjid Tebboune, reste un préalable pour Alger à l’essor de nouvelles relations entre les deux pays. «Il faut affronter ces évènements douloureux pour repartir sur des relations profitables aux deux pays, notamment au niveau économique», avait ainsi déclaré le président algérien au quotidien français L’Opinion, ajoutant dimanche à propos des relations économiques liant l’Algérie à ses différents partenaires, dont la France, «nous n’avons pas exclu la France. Nous œuvrons à récupérer notre mémoire nationale, tout en travaillant d’égal à égal avec la France (dans les autres domaines), comme dicté par les intérêts de chaque pays».