Par Bouzid Chalabi
Ils appellent à diminuer leur charge de travail quotidien. Après deux jours de perturbations, les 24 et 25 juillet, les bus de l’Etablissement public de transport urbain et suburbain d’Alger (Etusa) ont repris, mardi, leur service de manière régulière, a attesté cette dernière dans un communiqué rendu public sans pour autant rendre compte des motifs de ces perturbations. Elle s’est, en effet, limité à confier que cette reprise résulte d’un accord conclu entre la direction générale de l’Etusa et les représentants du bureau syndical de l’établissement.
Pour en savoir un peu plus, Reporters s’est rapproché de quelques syndicalistes et d’autres personnels du parc roulant. Selon les informations recueillies auprès des premiers «les perturbations enregistrées sont dues au ras-le-bol du personnel roulant après que leurs essentielles doléances continuent de faire l’objet d’une nette sous-estimation de la part de la Direction générale qui a fini par les exacerber. Il ne restait donc comme seul moyen de se faire entendre que de provoquer des perturbations dans la marche des bus. Dans le cas où cela ne donne rien il ne sera pas impossible de récidiver de la même manière». Par contre, du côté des chauffeurs de bus, que Reporters a pu interpeller au niveau de la station Aïssat-Idir, le ton était empreint de dépit, se considérant comme étant exploités sans mesure. «Et pour preuve, on nous impose une charge de travail qu’il nous est de plus en plus difficile de supporter», nous rapporte l’un d’eux. Un autre n’ira pas par quatre chemins : «Le rythme de travail auquel nous faisons face nous éreinte chaque jours un peu plus. C’est ce qui nous a conduits à protester en mettant à l’arrêt les bus pendant une ou deux heures, ce qui a créé des perturbations conséquentes dans tout le réseau des dessertes.» Abondant dans ce sens, un chauffeur lâche d’un ton ironique : «Ainsi cela nous permet de souffler un peu.»
De leur côté, les receveurs estiment qu’ils sont logés à la même enseigne que les chauffeurs. «Nous aussi notre tâche n’est pas de tout repos, car souvent nous avons affaire à des irresponsables qui, non seulement ne veulent pas payer, mais se montrent très offensants à tel point de nous mettre à rude épreuve. Cela dit, il faut qu’au niveau de la Direction générale, on prenne conscience de la pénibilité de notre travail et du coup élaborer ainsi que les chauffeurs un planning de travail moins pénible. C’est tout ce que nous demandons dès lors où l’on a compris qu’une hausse de salaires n’est pas envisageable compte tenu des capacités financières de l’Etusa.» On apprend enfin l’organisation prochaine de rencontres entre la Direction générale et le syndicat des travailleurs de l’Etusa pour faire le point et résoudre les problèmes urgents.