Le ministère des Transports et des Travaux publics a mis en garde, lundi soir, contre les appels de chauffeur de taxi à reprendre le travail et à briser le confinement sanitaire. Ce département réagissait à une série de vidéos postées sur Facebook par des personnes qui affirment ne plus supporter le chômage que la crise sanitaire de la Covid-19 leur a imposé. Il a répondu à ces mécontents mais, à la corporation surtout, qui vit des jours difficiles, que «le dialogue constructif est la voie optimale pour trouver des solutions aux problèmes». Dans un communiqué, il a déclaré qu’«au moment où l’Etat œuvre d’arrache-pied dans la lutte contre la propagation de la pandémie du Coronavirus et à la prise en charge de ses effets négatifs (…) y compris l’ensemble des opérateurs de transports (…), nous assistons ces jours-ci à des appels, sur les réseaux sociaux, incitant les chauffeurs de taxi à briser le confinement sanitaire pour exposer des préoccupations sociales qui sont prises en charge au fur et à mesure au niveau de toutes les wilayas du pays».
Pour le ministère, ces agissements «relèvent de l’irresponsabilité, dont les conséquences devront être assumées par eux». Il rappelle que «la voie optimale pour trouver des solutions aux problèmes soulevés demeure le dialogue constructif direct entre les différentes parties prenantes». Auparavant, le président de la Fédération nationale des chauffeurs de taxi a signalé le malaise de la profession et affirmé que près d’un millier de taxieurs se sont vus appréhendés par les services de sécurité pour avoir enfreint les consignes de confinement. Certains, ajoute Mohamed Benzineb, ont vu leurs véhicules immobilisés dans des fourrières avec le risque de sanctions plus lourdes. Dans une nouvelle déclaration, hier, à nos confrères d’El Khabar, ce syndicaliste a également alerté sur la colère des chauffeurs de taxi qui n’ont pas touché l’indemnité Covid-19 de dix mille dinars décidée par le chef de l’Etat, en raison notamment de la difficulté, pour eux, d’ouvrir des comptes postaux (CCP).
70% des chauffeurs de taxi se trouvent selon lui dans l’impossibilité d’ouvrir des comptes postaux courants qu’ils ne possèdent pas parce qu’ils ne travaillent qu’avec de l’argent liquide et qu’au «guichets postaux on leur répond que la trop forte demande sature les capacités d’Algérie Poste et l’empêche de répondre favorablement» à tout le monde. Le syndicaliste Benzineb, qui se dit assailli par les appels téléphoniques de ses collègues de travail, appelle le gouvernement à prendre des mesures afin d’apaiser la tension au sein de la profession. Pour ce qui est de l’indemnité Covid-19, il suggère qu’elle soit payée aux chauffeurs de taxi qui ne disposent pas de CCP par mandat postal ou qu’elle soit transférée sur des comptes de parents ou proches personnes, qui leur permettra, selon lui, de passer les fêtes dans de moins mauvaises conditions.
Depuis la suspension des transports urbains le 22 mars dernier, ils seraient quelque 200 000 chauffeurs de taxi à avoir cessé leur activité.