Par Bouzid Chalabi
La libéralisation du transport aérien et maritime algérien semble se concrétiser puisque 15 accords de principe ont été accordés à des opérateurs privés pour l’exploitation du transport aérien et 11 dans le maritime. C’est le ministre des Transports, Aïssa Bekkaï, qui l’a annoncé, hier, Toutefois, selon le ministre, «la balle est dans le camp des investisseurs, car c’est à eux maintenant de se conformer aux exigences dictées dans le cahier des charges s’ils veulent obtenir le feu vert pour l’entrée en exploitation de leur compagnie». Par contre, Aïssa Bekkaï n’a donné aucune indication sur l’identité des opérateurs désireux d’investir dans les domaines susmentionnés, se contentant seulement de faire savoir à propos du transport maritime que «6 dossiers concernent le transport des voyageurs et les 5 autres les marchandises».
Le ministre, qui s’exprimait sur la chaîne privéeEchourouk News, s’est aussi prononcé sur la situation d’Air Algérie et, là encore, il est resté avare, se limitant à dire que le problème du pavillon national ne réside pas dans son surplus d’effectif, mais repose sur la mauvaise gestion de la compagnie nationale. Précisant dans la foulée : «Aucun salarié d’Algérie ne sera renvoyé comme cela a circulé sous le prétexte de restructuration d’Air Algérie et des fins de contrat de travail sont nécessaires». Evoquant le transport maritime, il a indiqué que «son département travaille à introduire des réformes dans les institutions maritimes pour mettre fin à la mauvaise gestion». Et de déplorer qu’elle s’est généralisée «au point où nous avons découvert que l’Entreprise nationale des transports maritimes de voyageurs (ENTMV) est chapeautée par 15 directeurs». Interrogé sur la saisie de 5 navires algériens à l’étranger, le ministre a indiqué que les véritables raisons sont connues, c’est pourquoi nous avons installé un nouveau responsable à la tête du groupe Gatma, qui a pour «mission urgente de remettre sur rail le groupe». Abordant la ligne maritime avec la Mauritanie, le ministre des Transports a annoncé qu’elle démarrera le 20 ou le 23 février, ajoutant qu’elle sera soutenue par la ligne aérienne vers Nouakchott et le Sénégal. «Ces lignes visent à accroître les exportations algériennes au sein de la zone de libre-échange africaine», a souligné le ministre.
Concernant le secteur du rail, le ministre a évoqué, en substance, la problématique de la masse salariale de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF). «Le total des salaires dépasse quatre fois les revenus de la SNTF, non sans citer que la société compte 50 directeurs, alors qu’il suffit de tout au plus 15. Du coup, de sérieuses décisions s’imposent mais, toujours est-il, que diverses sections syndicales ne se prêtent pas à cette stratégie», a-t-il déploré. « J’espère que le dialogue prévaudra entre l’administration et les cheminots pour mener à bien les réformes nécessaires», a souhaité le ministre.
Dernier point abordé, la gestion des ports. Bekkaï a affirmé avoir donné des instructions pour que les ports fonctionnent à plein temps «c’est-à-dire 7 jours sur 7 et tout au moins 16 heures par jour, dans l’objectif de rentabiliser les infrastructures portuaires. Ce qui n’est pas le cas dans de nombreuses enceintes portuaires». Autre constat révélé par le ministre, «l’absence d’autorité portuaire livrant ainsi la gestion des ports à des sociétés commerciales dont les prérogatives sont limitées», a-t-il conclu.