L’opération «escargot» décidée après concertation au sein de l’Union nationale des transporteurs (UNT), prévue pour le 20 septembre, n’aura finalement pas lieu. Le bureau de l’UNT a, en effet, entériné la décision de surseoir à la manifestation. C’est en tout cas ce qu’a avancé hier à Reporters le président de l’UNT, Mohamed Belal.

Selon le responsable de cette organisation syndicale, «même si nous n’avons pas obtenu de promesses d’un retour à l’activité après notre rencontre avec le ministre des Transports Lazhar Hani, dimanche dernier, par souci d’intérêt général nous avons opté pour l’annulation pure et simple de l’opération ‘escargot’». Revenant sur la rencontre avec le ministre, le président de l’UNT a fait part à Reporters que le premier responsable du secteur des Transports «s’est montré des plus attentifs à nos doléances, non sans souligner qu’il était entièrement conscient des difficultés que nous rencontrons depuis que nous sommes soumis à une cessation d’activité depuis la mi-mars 2020, période du début du confinement imposé par mesure de protection contre la pandémie de la Covid-19», a-t-il rapporté. Et de poursuivre dans ce sens : «Le ministre nous a rassuré qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour répondre à nos revendications.» Le syndicaliste nous a par ailleurs confié, sur la question de reprise d’activité des transporteurs inter-wilayas, que «le ministre a été catégorique en lançant que cette décision dépasse ses prérogatives non sans nous rappeler qu’elle relève à part entière du Chef de l’Etat après consultation du Conseil scientifique».
Le responsable de l’UNT nous a également révélé que «la majorité de nos adhérents préfèrent la voie de la sagesse en dépit du grand besoin de reprendre leurs activités, car soucieux du risque de contamination par le biais du déplacement de personnes d’une wilaya à une autre. Et pour cela, nous estimons qu’il est préférable de patienter encore. D’autant plus que le nombre de nouveaux cas de contaminés au quotidien est sur une courbe descendante, ce qui nous laisse optimiste quant à une reprise prochaine de nos activités.»
A la question de Reporters si la décision d’abandonner l’opération ne va pas connaître des récalcitrants, le président de l’UNT ne cache pas qu’il s’attend à ce que certains des adhérents s’opposent. «Et nous les comprenons compte tenu du manque à gagner qu’ils ont subi et donc dans le besoin immédiat de reprendre la route. A nous de les convaincre que surseoir à l’opération «escargot» est dans l’intérêt de tous», souligne enfin Belal Mohamed. Pour Rappel les revendications des transporteurs portent essentiellement sur des aides pour la couverture partielle des coûts de maintenance et d’assurance des véhicules et bus qui constituent désormais un lourd fardeau qui pèse sur leur marge bénéficiaire, en sus des grosses pertes induites par la suspension de leurs activités pour cause de la crise sanitaire provoquée par le virus Covid-19. Les transporteurs réclament également le gel temporaire des impôts qu’ils doivent payer, en argumentant qu’ils sont de petites entreprises, sans oublier le remboursement des sommes d’impôts qu’ils ont versées depuis l’entrée en vigueur de l’arrêt des transports, fin mars dernier. Pour étayer leurs revendications, ils rappellent dans leur plateforme la décision du chef de l’Etat de geler le paiement des charges financières et des obligations fiscales et parafiscales dues par les opérateurs économiques pour la période correspondant à celle du confinement. Les protestataires souhaitent aussi que le président de la République intervienne pour prendre en charge leurs revendications. Comme ils déplorent les conditions imposées par les autorités publiques, dont la limitation du nombre de passagers à 50% de la capacité globale du véhicule, qui ne fait qu’accentuer leurs pertes après plusieurs mois de chômage. Face au silence radio de la part de la tutelle, l’UNT avait au début de la deuxième quinzaine du mois d’août dernier menacé de changer son comportement revendicatif en optant pour la radicalisation de son mouvement, à savoir le déroulement d’une opération «escargot», au niveau de l’ensemble des routes du pays. «Une suggestion qui a été approuvée suite à un vote organisé en la circonstance», nous avait indiqué à l’époque une source concordante.