C’est sans doute la « révolution » qu’attendait le marché national du numérique et plus spécifiquement celui des applications pour Smartphones appliquées au transport urbain. Yassir, une solution mobile de mise en relation directe de chauffeurs automobiles avec leurs utilisateurs potentiels, est « officiellement » entré en service dans notre pays. Il s’agit ni plus ni moins que d’un service similaire en tous points à « Uber », développé par la société californienne UberCab.

En Algérie, c’est la start-up YA Technologies qui a développé l’application et l’a présentée hier à l’hôtel El Aurassi au cours d’une conférence de démonstration. Créé en mars 2017 et lancé sur le marché en septembre dernier, Yassir permet à l’utilisateur d’appeler un chauffeur distant, tous deux reliés par les coordonnées GPS de chacun. Le premier dirigeant de YA Technologies, Mehdi Yettou, part du principe qu’« il est difficile de trouver un taxi à des heures tardives pour se déplacer sur certaines distances, alors Yassir est là pour faciliter le transport et améliorer le secteur ». Et ce, ajoute-t-il, « en travaillant en étroite collaboration avec la wilaya d’Alger et la direction des transports ». Evidemment, il s’agira, au fur et à mesure du retour d’expérience, d’améliorer le service et d’élargir la gamme d’offres de transport, par exemple en établissant un point d’emplacement des chauffeurs de Yassir à l’aéroport d’Alger.
Côté utilisation, rien de plus simple. Celui qui veut bénéficier de ce service télécharge l’application, s’y inscrit en fournissant son numéro de téléphone puis laisse Yassir gérer la mise en contact, très intuitive. « Si la course est prise en charge par notre réseau de chauffeurs, l’utilisateur recevra l’estimatif du montant à payer et la durée du déplacement, puis il lui suffira de valider. A ce moment-là, le chauffeur le plus proche de sa position le contactera et un message contenant les informations sur le conducteur, comme son numéro, son immatriculation et la marque de sa voiture sera envoyé au client », explique M. Yettou. Il souligne, par ailleurs, que « son entreprise prend 25% de parts des gains réalisés par ses chauffeurs chaque semaine ». « Nous comptons un millier de chauffeurs et des dizaines de milliers de clients qui utilisent notre plate-forme quotidiennement ; ces derniers sont très satisfaits. Ils nous encouragent à améliorer nos services et ajouter de nouvelles fonctionnalités », se réjouit-il encore.
D’autre part, Yassir a mis en place un cahier des charges et une charte pour ses chauffeurs. Dans ce chapitre, la directrice des relations publiques de YA Technologies, Lamia Achouche, assure que les conditions requises pour recruter un chauffeur sont strictes : un casier judiciaire vierge, un véhicule de moins de 10 ans d’âge avec des papiers en ordre et un permis de conduire valide. « Nos chauffeurs sont des professionnels ou des particuliers  et nous prévoyons même de tenir des sessions de formation pour les chauffeurs, que ce soit au niveau des services ou de la conduite et surtout pour l’utilisation de notre plateforme », a-t-elle ajouté. Aussi, Yassir entreprend de lancer trois nouvelles fonctionnalités pour améliorer l’offre de services. Il s’agit notamment d’une offre VIP dès janvier qui permettra aux entreprises de réserver des voitures haut de gamme et de bénéficier d’un suivi personnalisé. Est également prévue la possibilité de réserver en ligne dès la fin de ce mois, ce qui permettra aux utilisateurs de réserver leur chauffeur à l’avance. Enfin, il sera question de mettre en place un service de facturation, attendu pour la fin du mois, ce qui permettra aux utilisateurs de recevoir les factures relatives à leur course via notre le site Web. Selon M. Yettou, les prix devraient rester compétitifs car calculés sur la base d’un algorithme qui fixe le prix en fonction de la destination, de la fluidité ou non du secteur emprunté, de la distance et de l’heure d’arrivée estimé par le conducteur. Sur ce point, nous avons effectué nous-mêmes le test. Une course Yassir qui prendrait le départ du boulevard Zighout-Youcef en direction de Rouiba reviendra à 1 090 DA lorsque cette même destination par taxi est tarifée entre 1 500 et 2 000 DA, même si le compteur fonctionne (sic !). Le même test a été fait sur la destination aéroport d’Alger, à partir du même point de départ, et la course est facturée 770 DA, quand, là aussi, en taxi, c’est minimum 1 000 DA.
« Si le chauffeur est à une distance de 10 minutes au lieu de 30, cela reviendra moins cher au client et dans la même logique, la facturation de nuit sera plus élevée que celle du jour », renchérit M. Yettou.
« Mais cette application n’est pas seulement une solution de transport ou juste une solution mobile ; elle se démarque par son histoire, que défend son manager et qu’il veut faire un modèle pour les jeunes talents à développer leurs idées innovantes et concrétiser leurs rêves », a encore déclaré M. Yettou. « Notre approche est différente ; nous ne sommes pas une compagnie qui veut seulement faire de l’argent, mais nous sommes là pour aider les jeunes Algériens qui veulent participer au développement de leur pays », ajoute-t-il. « Cette application est créée par des Algériens pour les Algériens via l’entreprise YA Technologie ; entreprise algéro-américaine basée à Alger et à Paolo Alto, dans la Silicone Valley », enchaîne-t-il.