Lancement aujourd’hui de l’opération de conversion de 150 000 véhicules au GPLc.

PAR INES DALI
C’est aujourd’hui qu’a lieu enfin le lancement officiel du projet de conversion de 150 000 véhicules au GPLc au profit de la corporation des chauffeurs de taxi et des particuliers qui devront bénéficier d’une aide financière à l’équipement de 50%. Un double pari économique et écologique est lancé.
Annoncé il y a quelques années par le ministère de l’Energie, le projet est désormais aux mains du jeune département de la Transition énergétique et des énergies renouvelables. C’est d’ailleurs au siège de ce département que sera lancée ce matin l’opération de conversion à ce carburant considéré comme propre – le GPLc – dont l’enjeu est double : il est économique et écologique à la fois. Elle se fera en présence de plusieurs acteurs impliqués de près comme de loin dans les questions énergétiques en aval dans le pays. Elle se présente comme un test de crédibilité et d’efficacité pour le ministère de la Transition énergétique comme pour l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (Aprue), qui se voit confrontée à une véritable épreuve de terrain et soumise à un contrat de performance.
D’ici le temps du bilan, l’opération inaugurée aujourd’hui entre dans le cadre du «programme national d’efficacité énergétique», que l’Algérie ambitionne de concrétiser depuis plusieurs années, vu que le GPLc est une énergie moins coûteuse et plus propre, permettant donc de réduire les dépenses et de préserver l’environnement. Dans cette démarche d’arriver à une pollution moindre, on rappelle que l’Algérie est passée au retrait du carburant «super» des stations-services pour le remplacer par le «sans-plomb» nettement moins polluant en juillet dernier.
Aujourd’hui, l’utilisation à grande échelle du GPLc est l’objectif auquel tendent les pouvoirs publics en ciblant aussi bien les taxis que les particuliers. Le lancement officiel de la conversion de 150 000 véhicules au GPLc sera suivi par une campagne de communication que lancera l’Aprue à travers les médias et les réseaux sociaux, «afin de permettre une grande visibilité de ce programme pour faire bénéficier un plus grand nombre de propriétaires de véhicule particulier et de taxi à travers tout le territoire national», a indiqué l’Aprue dans le communiqué.
Outre l’incitation financière de la prise en charge par l’Etat de la moitié du coût des kits, le propriétaire d’un véhicule qui aura opté pour la solution de conversion de l’essence au GPLc doit, par ailleurs, savoir qu’il peut récupérer son investissement propre de 50% en moins d’une année, car le GPLc produit par Naftal est nettement moins cher que l’essence, selon le Pr Chems Eddine Chitour. Ce dernier plaide pour une transition énergétique depuis plusieurs années, bien avant qu’il soit ministre de la Transition énergétique, un poste qu’il n’occupe plus depuis l’été. En plus d’être un carburant économique, le GPLc, qui est un mélange de butane et de propane, diminue les effets de la pollution atmosphérique. Ce sont tous ces avantages et d’autres explications qui sont prévus d’être présentés aux participants à la rencontre d’aujourd’hui. L’Aprue va exposer «la stratégie globale de mise en œuvre de ce projet de conversion de 150 000 véhicules au GPLc», ainsi que «les modalités de participation des citoyens et taxis pour bénéficier de l’aide financière de 50% octroyée par le Fonds national de l’efficacité énergétique des énergies renouvelables et la cogénération (FNEEERC)».
«La substitution énergétique par le développement des carburants les moins polluants et les plus disponibles est aujourd’hui une nécessité tant sur le plan économique que sur le plan environnemental», a souligné l’Aprue. Ajoutant que cette substitution permettra de contribuer à assurer une autosuffisance du marché national en carburant et, aussi, réduire encore plus la pollution de l’air, particulièrement en milieu urbain.
Selon l’Agence, «avec 31,7% de la consommation finale, le secteur du transport représente un enjeu stratégique dans le programme national de maîtrise des énergies, en raison des possibilités offertes dans ce secteur pour la substitution des carburants classiques (essence et gasoil) par les carburants gazeux, tels que le GNC et le GPL et en mettant en place un environnement favorable pour la conversion des véhicules».
Vu l’importance accordée à ce projet, la journée de lancement se fera en présence du ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelable, avec la participation d’autres départements ministériels à l’instar de ceux de l’Energie et des Transport, ainsi que le ministère délégué auprès du Premier ministre chargé des micro-entreprises. Seront également présentes, l’entreprise de distribution des produits pétroliers Naftal, la Fédération des installateurs du GPLc, les associations et fédérations de taxis, ainsi que les associations de protection du consommateur. <

bon à savoir

La décision du gouvernement d’encourager le recours au GPLc répond à la logique de réduire ses importations de carburants des raffineries étrangères et de s’orienter vers l’usage d’un carburant propre. Le prix d’équipement et d’installation d’un KIT GPLC ou « Sirghaz », selon le logo du distributeur Naftal connu des Algériens depuis des années, dépasse les 50 000 DA et peut être plus élevé s’il s’agit de véhicules plus puissants. C’est ce qui explique le choix de l’Exécutif d’aider à la généralisation de ce kit à un taux de 50%. Une prime qui devrait attirer davantage d’usagers à la condition que Naftal dispose des moyens logistiques nécessaires pour satisfaire la demande. Jusqu’à récemment, l’automobiliste intéressé par le kit GPLC devait d’abord passer sa commande, verser la première tranche de paiement, puis attendre son rendez-vous en fonction de l’importance de la demande. Pour beaucoup, ce temps d’attente est dissuasif. Pour rappel, Le GPLc est un mélange de butane et de propane à des proportions normalisées. Ce carburant est distribué en Algérie par Naftal depuis 1983. Grâce à une taxation avantageuse, le «Sirghaz» est aujourd’hui le carburant le moins cher du marché avec son prix de 9 DA/litre et présente aussi une autre source d’économie qui réside dans la combustion du GPL qui ne laisse aucun dépôt de calamine, ce qui rend l’entretien du véhicule roulant au «Sirghaz» moins coûteux qu’un véhicule traditionnel. Le «Sirghaz» réduit significativement les émissions de gaz à effet de serre (CO2, CO) et les émissions polluantes par rapport aux carburants classiques. Il ne contient ni plomb ni benzène et ne produit pas de particules.