Synthèse Selma Allane
Revoir la gestion des compagnies de transport maritime, les rendre plus rentables et les éloigner progressivement des aides du Trésor public, tel était le message du ministre des Transports aux opérateurs du secteur. Dans un appel aux directeurs et gestionnaires des sociétés concernées, à l’occasion d’une réunion avec les concernés, Aïssa Bekkaï a insisté sur la rationalisation des dépenses et l’exploitation des moyens qui leur sont disponibles. Devant les cadres de son département, du DG par intérim du Groupe algérien de transport maritime (GATMA), de la directrice générale par intérim de CNAN-MED, du DG de CNAN-NORD, du P-dg de la Société nationale Shipping Company(Nashco) et d’autres représentants publics et privés du secteur, M. Bekkat appelé à «revoir le mode de gestion de ces entreprises vitales, à moderniser leurs systèmes et à les rendre plus rentables», demandant aux responsables de «coordonner de façon permanente» entre les différents acteurs dans le fret maritime. Il les a également instruit d’élaborer un «plan d’action et une vision globale pour aplanir les obstacles dressés», les exhortant à exploiter les capacités nationales disponibles en matière de fabrication de conteneurs notamment en vue de préserver la devise.
A la question de la ressource humaine et de la «main d’œuvre» qui semble poser problème, le ministre des Transports a insisté sur la «coordination permanente» avec l’Ecole supérieure maritime de Bousmail (Tipasa), un établissement qui dispense depuis des décennies des formations dans les différentes spécialités en relation avec la navigation maritime. Début mai 2021, l’ancien gouvernement Djerad avait examiné un «plan d’urgence» relatif à l’augmentation de la part de la flotte nationale dans le marché maritime des marchandises. Ce plan, toujours à l’ordre du jour, «vise essentiellement, dans un délai très court, à mettre en place des mécanismes opérationnels permettant la sécurisation des approvisionnements du pays en produits stratégiques (céréales, poudre de lait etc.), notamment par la priorisation de la flotte maritime nationale dans la réalisation des importations des produits stratégiques». L’objectif est de redynamiser une activité qui a cumulé les contreperformances pour diverses raisons notamment de gestion, l’enjeu est d’économiser la ressource en devises et de limiter le recours aux opérateurs et aux armateurs internationaux.
Pour rappel, la flotte algérienne n’assure qu’une part marginale, d’environ 3%, du marché du fret maritime en Algérie estimé à 12 milliards de dollars. Sous l’effet de la pandémie du Covid-19, le coût du fret maritime a triplé, faisant passer les frais d’acheminement d’un conteneur de 40 pieds de 1 700 dollars à 7 800 dollars. n