L’armateur danois AP Møller-Maersk a annoncé mardi accélérer la décarbonisation de sa flotte avec une commande de huit navires fonctionnant au bio-méthanol, qui seront lancés en 2024. «Au cours du premier trimestre 2024, A.P. Møller – Maersk lancera le premier d’une série révolutionnaire de huit grands porte-conteneurs océaniques capables de fonctionner au méthanol, neutre en carbone», a précisé le numéro un du transport en mer dans un communiqué. Ces navires, construits par Hyundai Heavy Industries (HHI) et équipés d’un moteur à double carburant, pourront transporter chacun quelque 16.000 conteneurs (TEU), représentant au total un peu plus de 3,1% de la flotte du groupe. L’accord avec HHI comprend une option pour quatre navires supplémentaires en 2025. D’après Maersk, ces nouveaux navires, qui remplaceront une partie ancienne de la flotte, permettront de réduire les émissions annuelles de CO2 d’environ 1 million de tonnes. Au niveau mondial, le transport maritime pollue plus que le transport aérien, selon l’Institut supérieur d’économie maritime (Isemar). Il est responsable de 2,89% des émissions de gaz à effet de serre, selon des chiffres de 2018 publiés par l’Organisation maritime internationale (OMI). «C’est le moment d’agir, si nous voulons relever le défi climatique du transport maritime. Cette commande prouve que des solutions neutres en carbone sont disponibles aujourd’hui sur tous les segments de navires porte-conteneurs et que Maersk s’engage auprès du nombre croissant de nos clients qui cherchent à décarboniser leurs chaînes d’approvisionnement», a affirmé le PDG de l’armateur, Søren Skou, cité dans le communiqué. Le transporteur danois avait annoncé en février lancer son premier navire neutre en carbone en 2023, sept ans plus tôt que son objectif initial.
Le bateau doit fonctionner au bio-méthanol et naviguera sur les routes intra-régionales. Maersk, qui a vendu en 2017 sa division pétrolière à Total Energies, entend atteindre un bilan carbone neutre d’ici 2050.
En 2020, il a rapporté une baisse de près de 42% de ses émissions sur l’ensemble de l’année.